BFMTV

Malgré la grève de la faim de son propriétaire, le puma restera au zoo

Une femelle puma et ses deux petits dans un zoo au Nicaragua, le 25 janvier 2012

Une femelle puma et ses deux petits dans un zoo au Nicaragua, le 25 janvier 2012 - ELMER MARTINEZ, AFP/Archives

Un homme qui avait observé en 2016 une grève de la faim pour récupérer son puma placé dans un zoo de Toulon ne se verra pas restituer l'animal et devra payer sa pension, selon un jugement rendu mardi dont l'AFP a obtenu copie.

Le juge des référés du tribunal de grande instance de Toulon, saisi en décembre par le zoo du Mont-Faron qui héberge actuellement le puma, a en revanche rejeté la demande de l'établissement "tendant à voir suspendre tout titre de propriété sur l'animal".

Jack Muller, un Normand de 53 ans, éducateur comportementaliste, s'était attaché à cet animal, un puma mâle baptisé Shan, alors qu'il était venu se former au zoo de Toulon en 2012.

Il s'en était occupé quand le fauve, âgé que de quelques jours, n'arrivait pas à s'alimenter avec sa mère. Plus tard, celle-ci l'avait rejeté. Les propriétaires du zoo avaient alors confié la garde de l'animal à M. Muller qui avait construit un enclos adapté, dans sa maison en Normandie, près de Bayeux.

Le certificat de détention lui avait été refusé une première fois en 2014 dans le Calvados, au motif qu'il avait détenu l'animal avant d'être en capacité de le faire, puis en juillet 2016 par les services préfectoraux du Var.

M. Muller, en grève de la faim, avait bénéficié de l'appui d'un comité de soutien créé par Jacqueline Faucher, ancienne présidente nationale de la Société de protection des animaux (SPA). Plus de 20.000 personnes avaient signé une pétition en ligne en sa faveur.

Condamné à payer 800 euros au zoo du Mont-Faron au titre des frais de procédure, Jack Muller pourra continuer à aller voir son animal dans cette fauverie le temps qu'il ait trouvé "un établissement disposant des autorisations légales lui garantissant des conditions de vie épanouissantes", selon le jugement prononcé mardi.

Me Frédéric Casanova, l'avocat de M. Muller, se satisfait de cette "solution d'apaisement". Il indique que son client "se réjouit de constater que la faculté lui est laissée de choisir l'établissement d'accueil de Shan et ce sans condamnation à une astreinte par jour de retard".

"Il déposera un nouveau dossier d'agrément devant la préfecture dont il dépend pour pouvoir à terme accueillir Shan à son domicile", a ajouté Me Casanova.

Nice (AFP), © 2018 AFP