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Inceste: des centaines d'appels reçus en quelques heures par la nouvelle plateforme téléphonique

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La Ciivise a lancé ce mardi une plateforme téléphonique pour recueillir la parole des victimes d'inceste. Selon le coprésident de la commission indépendante sur l'inceste, celle-ci a reçu 'des centaines" d'appels et courriels en quelques heures.

La plate-forme téléphonique et le site internet appelant les victimes de violences sexuelles dans l'enfance à témoigner ont reçu "des centaines" d'appels et courriels quelques heures après leur lancement mardi à Paris, a indiqué le coprésident de la commission indépendante sur l'inceste, le juge Edouard Durand.

"En quelques heures, il y a déjà des centaines et centaines d'appels et courriers électroniques adressés à la commission et cela veut bien dire qu'il y a un besoin social de très grande ampleur", a indiqué le juge Durand.

"Ça n'arrête pas de sonner"

Les victimes peuvent appeler le 0805 802 804 (ou le 0800 100 811 pour l'outre-mer), où elles sont entendues par des écoutantes formées à la spécificité des violences sexuelles du CFCV (Collectif féministe contre le viol) et de SOS-Kriz. Elles peuvent aussi témoigner par écrit sur le site de la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise/https://www.ciivise.fr/).

"Ca n'arrête pas de sonner et des mails sont arrivés toute la matinée", a indiqué Louis Jehel de SOS-Kriz.

La mission centrale de la Ciivise, a rappelé le secrétaire d'Etat chargé de l'Enfance, Adrien Taquet, est de "recueillir la parole des victimes, l'accompagner et la réorienter vers une prise en charge en soins, ou judiciaire, et mieux comprendre ce qui est à l'oeuvre quand des enfants sont victimes de violences sexuelles".

Dans les salles du CFCV à Paris, le téléphone ne cesse de sonner. L'écoutante ne demande que le prénom et le département de la personne, mais prend des notes pour pouvoir suivre le dossier si elle rappelle.

Possibilité de faire des signalements à la justice

"Vous avez parlé de ces violences à votre famille à l'époque, mais ils n'ont rien fait? Vous vous rendez compte que cela ajoute de la violence à ce que vous avez subi? Cela les a rendus complices de votre agresseur", dit une écoutante à son interlocuteur.

La plateforme pourra être amenée à faire des signalements à la justice.

"Le garde des Sceaux a sensibilisé l'ensemble des parquets de la forte probabilité qu'un certain nombre de dossiers soient transmis et donc que les parquets y prêtent une attention toute particulière", a indiqué Adrien Taquet.

Depuis cette rentrée scolaire est instauré un "repérage systématique" des violences sexuelles subies par les enfants lors des visites médicales à l'entrée au primaire et au secondaire, mais aussi à 4-5 ans, à la maternelle. "Dans les prochaines semaines nous dévoilerons un parcours de soins gradué adapté pour assurer une meilleure prise en charge" des victimes, a ajouté le secrétaire d'Etat.

H.G. avec AFP