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Hôpitaux : des médecins aux honoraires «indécents» ?

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Selon 60 millions de consommateurs, certains médecins hospitaliers pratiquent des honoraires «indécents». Une prothèse de hanche peut se trouver facturée au patient 4.500 euros, soit dix fois la somme remboursée par l'Assurance maladie. Comment le justifient-ils ?

Une enquête de 60 millions de consommateurs révèle des dépassements d’honoraires « indécents » de certains praticiens de l’hôpital public allant jusqu’à 10 fois le tarif remboursé par l’Assurance maladie. Des patients se sont vus facturer 4.500 euros pour une prothèse de hanche alors que le prix remboursé se limite à 460 euros. Ou bien 1.500 euros pour une opération de la cataracte, soit 5 fois le tarif de la sécurité sociale. Des abus constatés dans la plupart des grands hôpitaux parisiens, mais aussi à Lyon, Nice ou Strasbourg. Normalement les tarifs des opérations sont fixes et encadrés, mais certains chirurgiens qui exercent en libéral au sein de l’hôpital public ont le droit, une journée par semaine, de pratiquer des honoraires libres. En échange, ils doivent reverser un tiers de ces honoraires à l’hôpital.

« Les dépassements d’honoraires me stabilisent financièrement »

« Les dépassements d'honoraires permettent de me stabiliser un peu sur le plan financier, d'autant que les tarifs de base n'ont pas augmenté globalement depuis 10 ans » se justifie sur RMC Pierre Loc'h, chirurgien digestif en clinique à Pontaut-Combault (Seine et Marne) et Le Perreux (Val de Marne). « Je ne pratique les dépassements d'honoraires que si les gens ont une mutuelle. Je ne le fais pas pour un chômeur ». D’autant que les patients concernés sont considérés comme volontaires. Ils acceptent de payer plus, mais en échange ils ont accès à des grands noms de la médecine ou s’évitent plusieurs semaines d’attente.

35.000 euros d’honoraires par mois pour une seule journée de travail.

C’est ainsi qu’avec 12.000 euros nets par mois, le professeur Lantieri, célèbre pour avoir réussi la première greffe complète du visage, double ses revenus en seulement un jour par semaine. « Le tarif n'est pas choquant en soi », explique-t-il. « Ce serait choquant si tous les patients de l'hôpital public étaient soumis à ces tarifs. Si le chirurgien exerce avec modération ce type d'action mais que pour tous les autres patients il y a un tarif public correct, je ne vois pas trop où est le problème ».
Sauf que certains dépassent largement les bornes. 60 millions de consommateurs donne l’exemple de ces 2 chirurgiens de Nice et de Montpellier, qui arrivent à facturer pour 35.000 euros d’honoraires par mois pour une seule journée hebdomadaire de travail.

La Rédaction