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"Homophobiol": la campagne décalée pour lutter avec humour contre l'homophobie

"Homophobiol" est une nouvelle campagne contre l'homophobie lancée par Aides et Ex Aequo.

"Homophobiol" est une nouvelle campagne contre l'homophobie lancée par Aides et Ex Aequo. - Aides

"Homophobiol, le premier traitement de fond contre l'homophobie": deux associations lancent ce mardi une campagne humoristique à l'occasion de la journée internationale contre l'homophobie et la transphobie. Et préviennent que certains élus recevront leur cure d'Homophobiol, "assortie d'une prescription à vie".

C'est un nouveau médicament. Homophobiol, qui existe en patch ou en pastille à sucer "en cas de crise aiguë", est le "premier traitement de fond contre l'homophobie", assure la notice.

A l'occasion de la journée internationale contre l'homophobie et la transphobie ce mardi, l'association de lutte contre le sida Aides ainsi que son homologue belge Ex Æquo ont lancé une campagne décalée afin de lutter contre l'homophobie. "Grâce à Homophobiol et à sa formule révolutionnaire, la haine et le rejet ne seront bientôt plus une fatalité", clame le faux traitement, au coeur de la campagne.

La notice factice qui accompagne le pseudo médicament précise que ce "traitement de choc permettra enfin à des milliers de femmes et d'hommes de sortir de la spirale destructrice de l'homophobie" et de "lutter au quotidien contre les symptômes de l'homophobie latente (ou syndrome du "je-ne-suis-pas-homophobe-mais…")."

"La pénalisation de l'homosexualité fait le lit de l'épidémie"

Au-delà de cette campagne pleine d'humour, c'est un enjeu de santé publique que pointent les deux associations.

"Depuis plus de trente ans, la stigmatisation et la pénalisation de l'homosexualité font le lit de l'épidémie de VIH. L'homophobie vécue au quotidien, l'exclusion, les menaces verbales et physiques acculent de nombreux gays, bis et trans à la clandestinité et favorisent les prises de risques."

Plus de 70 pays pénalisent toujours les relations sexuelles entre personnes de même sexe et au moins sept d'entre eux la condamnent à la peine de mort.

"Des élus recevront leur cure"

Des milliers de boîtes de ce faux traitement seront distribuées en France par Aides, qui invite "tous les citoyens à prescrire le médicament à leur entourage, dès l'apparition des premiers symptômes. Insultes, rejet, comportements agressifs? Un seul réflexe: Homophobiol." Un jeu concours est même organisé afin de gagner des boîtes, contenant une pastille à sucer, un autocollant, des préservatifs et un ruban rouge en pin's.

Les associations préviennent qu'elles vont également cibler des politiques.

"De nombreux.ses élu.e.s trié.e.s sur le volet, recevront dans les jours à venir leur cure d'Homophobiol, assortie d'une prescription à vie pour les cas les plus désespérés.

La campagne a été largement saluée sur les réseaux sociaux, certains internautes applaudissant un humour "percutant", d'autres rappelant que ce n'est qu'en 1990 que l'homosexualité n'a plus été considérée comme une maladie mentale par l'OMS.

Un patch "pour les cas les plus difficiles"

Une campagne qui en rappelle une autre, tout aussi décalée. Fin 2014, l'Organisation juive européenne lançait l'Antisemitox, un faux médicament destiné à sensibiliser à la lutte contre l'antisémitisme.

"Ce médicament est indiqué en cas d'apparition des premiers symptômes antisémites: insultes, jurons, comportements agressifs, délires révisionnistes, quenelles", indiquait la notice.

La boîte fournissait bonbons au miel, texte de loi qui rappelle ce qu'encourent les personnes tenant des propos antisémites et même un patch "pour les cas les plus difficiles".

Céline Hussonnois Alaya