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Haut-Rhin: une commerçante en grève de la faim "porte le deuil" de sa boutique

Véronique Weingarten qui a entamé son mouvement jeudi, au lendemain de l'annonce du reconfinement par le chef de l'Etat.

Véronique Weingarten qui a entamé son mouvement jeudi, au lendemain de l'annonce du reconfinement par le chef de l'Etat. - SEBASTIEN BOZON / AFP

Elle réclame, sinon la réouverture des commerces de proximité, du moins l'arrêt de la vente des articles non essentiels dans les grandes surfaces.

Une commerçante de prêt-à-porter de Blotzheimn, dans le Haut-Rhin, a entamé une grève de la faim pour obtenir, sinon la "réouverture des commerces de proximité", du moins "l'arrêt de la vente des articles non essentiels par les grandes surfaces", a-t-elle expliqué ce samedi.

"Je porte le deuil pour mon magasin et pour tous les commerces de proximité qui ont déjà mis la clé sous la porte après le premier confinement", a déclaré Véronique Weingarten qui a entamé son mouvement jeudi.

Gérante du seul magasin de prêt-à-porter féminin de Blotzheim, une bourgade de quelque 4.500 habitants, elle s'est vêtue symboliquement de noir. "Dans l'idéal, je veux pouvoir rouvrir notre commerce comme tous les commerces de proximité. On ne peut pas plus attraper le virus chez nous que dans une grande surface. C'est même plutôt l'inverse", fait-elle valoir.

"Je ne voulais pas être un petit mouton"

Véronique Weingarten souhaite au moins que, comme pour les livres, le gouvernement interdise "la vente dans les grandes surfaces des produits non essentiels". Elle explique avoir pris sa décision mercredi soir, "juste après le discours d'Emmanuel Macron". "Je devais agir. Je ne voulais pas être un petit mouton", dit-elle.

Depuis vendredi, la commerçante a pris position devant sa boutique. Elle a également installé un lit dans sa vitrine "pour dormir devant les gens afin de montrer (s)a détermination".

Après le premier confinement qui lui a fait "perdre 120.000 euros", le deuxième, "c'est la clef sous la porte", assure-t-elle, "j'ai souscrit un emprunt de 100.000 euros (...) qu'il faudra rembourser".

"Le premier confinement, on nous avait endormis. On nous avait promis des aides qui n'ont pas été tenues. On n'avait rien dit et pourtant déjà les grandes surfaces vendaient déjà des articles non essentiels. Il n'est pas possible d'accepter ça une deuxième fois", insiste Véronique Weingarten.

Cy.C avec AFP