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Comment les petits commerçants "non essentiels" entendent se défendre face à la grande distribution

70 commerces du quartier de la Gare doivent être fermés à partir de 20h.

70 commerces du quartier de la Gare doivent être fermés à partir de 20h. - -

Alors que certains exhortent les Français à attendre pour faire leurs achats, pariant sur une réouverture de leurs boutiques d'ici 15 jours, d'autres sont prêts à en découdre en justice.

L'injustice prédomine chez les commerçants au premier jour du reconfinement. Car si la plupart d'entre-eux doivent fermer, considérés comme commerces non-essentiels, les produits qu'ils vendent (livres, vêtements, jouets, bijoux...) seront toujours disponibles en grande distribution et sur Internet chez les géants du e-commerce.

Sur BFM Business, Laurent Milchior, co-gérant du groupe Etam dont toutes les boutiques sont fermées s'interroge.

"Je n'incrimine pas la grande distribution (...) mais les clients vont pouvoir faire leurs cadeaux dans d'autres magasins et je trouve que ça c'est une concurrence déloyale".

Fermer les rayons non-alimentaires des hypermarchés

Face à cette situation effectivement paradoxale, des propositions émergent. Le patron d'Etam aurait ainsi voulu que les rayons "non-essentiels" des super et hypermarchés soient fermés pour préserver les acteurs spécialisés.

D'autres comme la Fédération des commerçants de France exhortent les consommateurs français à attendre 15 jours pour faire leurs achats de Noël. Cette association s'accroche au réexamen de la situation dans deux semaines annoncé par l'exécutif qui pourrait, si la situation sanitaire s'améliore, déboucher sur des réouvertures de commerces.

Sur France 2 ce vendredi, son président Français Palombi demande "de ne pas aller directement chez Amazon, dans les grandes surfaces et de privilégier le commerce de proximité".

D'autres enfin sont prêts à batailler en justice pour contester leur fermeture. Certaines fédérations de l'habillement brandissent en effet la menace de recours en justice contre les fermetures administratives, voire contre la grande distribution, indique le site spécialisé Fashion Network.

Tous les recours possibles

"Nous envisagerons toutes les voies de recours juridiques possibles", indique l'Alliance du Commerce, qui représente les grands magasins et enseignes mode/chaussures.

"Ce sera à la justice de trancher, car nous allons interjeter appel auprès des tribunaux de commerce" ajoute Eric Mertz, président de la FNH, qui représente les indépendants de l'habillement.

"Si on ferme en novembre-décembre, c'est 35-40% de notre chiffre qui disparait. Et cela ne sera pas sans conséquence sur les marques qui survivront. De nombreux secteurs vont contester cette situation. Surtout quand, en face, les magasins non alimentaires vont eux pouvoir continuer à vendre des produits non alimentaires, comme des livres, bijoux, jouets, et surtout vêtements".

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business