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Reconfinement: Laurent Milchior (Etam) épingle la concurrence déloyale de la grande distribution

Le spécialiste de la lingerie doit fermer ses 770 magasins en France mais ses produits seront toujours en vente dans les grandes surfaces qui peuvent rester ouvertes.

Si Laurent Milchior, co-gérant du groupe Etam, comprend tout à fait que ses 770 boutiques en France doivent fermer compte tenu de la situation sanitaire, il s'interroge sur le manque d'équité lors de ce reconfinement.

Car la grande distribution va rester ouverte et dans certains cas continuer à vendre ses propres produits (comme des livres alors que les libraires sont fermés, des jouets etc...)

Je n'incrimine pas la grande distribution (...) mais les clients qui ne sont pas très friands de e-commerce vont pouvoir faire leurs cadeaux dans d'autres magasins et je trouve que ça c'est une concurrence déloyale", explique-t-il ce vendredi sur le plateau de Good Morning Business.

Echanges avec l'Autorité de la concurrence

Et de préciser avoir "commencé à échanger" avec l'Autorité de la concurrence sur ce point "pour qu'il y ait une équité, pas pour pénaliser un acteur plus qu'un autre mais pour que tout le monde puisse vendre de la même manière".

Comment mettre en pratique cette équité? "Les biens essentiels, il faut ouvrir absolument, c'est normal qu'on puisse vendre de l'alimentaire mais fermer un département jouets ou un département prêt-à-porter dans un hypermarché c'est beaucoup plus simple que de fermer 770 magasins du jour au lendemain", avance Laurent Milchior.

Le responsable estime même que le e-commerce ne sera pas suffisant pour les acteurs dont les magasins sont fermés. "Si vous êtes JouéClub et que Carrefour fait une promotion sur les jouets, c'est une concurrence déloyale (...) je pense que ce n'est pas juste".

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business