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Harcèlement de rue: les premières amendes annoncées pour l'automne

La secrétaire d'Etat en charge de l'Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa.

La secrétaire d'Etat en charge de l'Egalité entre les femmes et les hommes, Marlène Schiappa. - AFP

La secrétaire d'Etat en charge de l'Egalité des femmes et des hommes a annoncé que les premières amendes sanctionnant le harcèlement de rue seront rédigées à l'automne.

"On abaisse le seuil de tolérance." Alors que le projet de loi de lutte contre les violences sexistes et sexuelles doit être voté définitivement en fin de semaine et que le phénomène fait son retour sur le devant de l'actualité avec le témoignage de Marie, une jeune femme qui a osé défier son agresseur, Marlène Schiappa annonce les premières amendes en cas de harcèlement de rue pour "l'automne".

"Le temps de la promulgation de la loi, les premières amendes devraient être mises à l'automne", a indiqué au Parisien la secrétaire d'Etat en charge de l'Egalité entre les femmes et les hommes.

Dans le sillon de l'affaire Weinstein et d'autres révélations d'agressions et d'harcèlements sexuels, le gouvernement avait décidé de créer une nouvelle infraction en qualifiant l'outrage sexiste en délit. Ainsi, le harcèlement sexuel pourrait être sanctionné par une amende de catégorie 4 allant de 90 à 750 euros.

"Il n'y aura évidemment pas un policier derrière chaque femme, comme il n'y en a pas un derrière chaque panneau 'stop'", estime la secrétaire d' Etat, préconisant l'information et l'avertissement.

Plus d'obligation de répétition

Sans porter plainte, les individus se rendant passibles d'harcèlement de rue pourra être sanctionné sur le principe de la flagrance. "Tout propos ou comportement ou pression à caractère sexiste ou sexuel" qui porte atteinte à la dignité de la personne en raison de son caractère "dégradant ou humiliant" ou qui crée une "situation intimidante, hostile ou offensante" serait alors sanctionné alors que les conclusions de la commission mixte paritaire sur le projet de loi est examiné mardi devant la commission sont examinées au Sénat mardi.

"Ce sont tous les actes qui créent des situations malaisantes, humiliantes ou intimidantes pour les hommes et les femmes dans l’espace public", expliquait Marlène Schiappa en février. "Comme par exemple vous suivre dans la rue, vous demander à dix reprises votre numéro de téléphone, s’approcher de vous et entrer dans votre espace intime, ou encore vous intimider."

La qualification du phénomène de harcèlement de rue en délit d'"outrage sexiste" a également pour viser de se séparer de la notion de répétition propre à la définition juridique du harcèlement. Marlène Schiappa annonce une vaste campagne "à la rentrée" contre le harcèlement.

J.C.