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Handicap: comment la crise sanitaire a popularisé le français "facile à lire et à comprendre"

Le fonctionnement d'un horodateur expliqué en facile à lire et à comprendre (Falc) à Evian, en Haute-Savoie (crédit Ville d'Evian)

Le fonctionnement d'un horodateur expliqué en facile à lire et à comprendre (Falc) à Evian, en Haute-Savoie (crédit Ville d'Evian) - Unapei

Davantage de documents ont été diffusés en facile à lire et à comprendre (Falc) depuis le début de la crise sanitaire. Des documents qui s'adressent aussi bien aux personnes en situation de handicap mental qu'à celles qui ne maîtrisent pas la langue.

Une attestation de sortie en facile à lire et à comprendre (Falc), une page sur le site du gouvernement pour expliquer les règles sanitaires mais aussi les symptômes de la maladie et les gestes barrières, ou encore des supports sur l'épidémie proposés par les Agences régionales de santé, le français facile à lire et à comprendre n'a jamais été autant diffusé que depuis le début de la crise du Covid-19.

Pictogrammes et vocabulaire courant

Le facile à lire et à comprendre vise d'abord les personnes en situation de handicap mental, mais s'adresse également à toutes celles et tous ceux maîtrisant mal la langue française, comme les personnes illettrées ou étrangères. Concrètement, c'est une méthode et un ensemble de règles qui permettent de simplifier le message, alliant pictogrammes, vocabulaire courant ou concret et excluant abréviations, acronymes, pourcentages ou encore caractères spéciaux, comme le rappelle Handirect.

Sa spécificité: les transcriptions sont établies par et avec les personnes en situation de handicap. Ces dernières contribuent ainsi à l'élaboration des documents, leur correction et relecture, et veillent à leur compréhension par tous et toutes.

Si le site de la région Île-de-France publie déjà certains de ses articles en facile à lire et à comprendre, que la Caf propose également un guide de ses prestations en Falc et que Pôle emploi communiquait déjà certains documents en Falc, c'est la première fois que le facile à lire et à comprendre s'invite autant dans le quotidien, des transports en commun aux salles d'attente des médecins.

Apparu en 2009

Bruno Le Maire, administrateur de l'Unapei - une fédération d'associations de représentation et de défense des intérêts des personnes handicapées mentales et de leurs familles - et l'un des vice-présidents en charge de l'accessibilité, remarque pour BFMTV.com que de véritables efforts ont été faits.

"Pour le deuxième confinement, sans que nous n'ayons besoin de la demander, une attestation de sortie en Falc a été directement diffusée sur le site du ministère de l'Intérieur, se félicite-t-il. Il y a tellement de publications en Falc, aussi bien dans le domaine de la culture, de la santé, de la vie sociale ou de la citoyenneté, que nous n'arrivons pas à toutes les répertorier!"

Initié en 2009, le Falc s'est progressivement diffusé en France. "Au début, on a eu du mal à se faire entendre et c'était bien plus confidentiel", se souvient Bruno Le Maire (parfait homonyme du ministre, NDLR).

Une visibilité "exponentielle"

Cette récente et plus large diffusion s'est notamment imposée par la pandémie et la nécessité d'informer tous les citoyens et citoyennes. Il espère ainsi que le réflexe sera gardé à l'avenir et que les retranscriptions en Falc deviendront automatiques. Mais le Falc prend du temps, pointe encore le vice-président de l'Unapei. Notamment parce qu'il ne s'agit pas de retranscription automatique.

"Il nécessite de rassembler des personnes, de s'accorder sur des définitions qui seront validées ou non, puis corrigées. On ne retranscrit pas phrase à phrase ou paragraphe par paragraphe. Le principe, c'est de faire émerger l'idée générale. C'est pour cela qu'on ne peut pas, en une heure, rentranscrire dix pages d'un document en une plaquette."

Lors des dernières élections municipales, certaines professions de foi avaient été retranscrites en Falc. Pour Bruno Le Maire, beaucoup de chemin a été parcouru en une dizaine d'années, une visibilité "exponentielle" et "un cap" à maintenir.

https://twitter.com/chussonnois Céline Hussonnois-Alaya Journaliste BFMTV