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Grogne des intermittents: le Festival d'Avignon aura-t-il lieu?

La tenue du festival d'Avignon est incertaine alors que la grogne des intermittents du spectacle; qui protestent contre un changement de leur régime d'assurance chômage, continue.

La tenue du festival d'Avignon est incertaine alors que la grogne des intermittents du spectacle; qui protestent contre un changement de leur régime d'assurance chômage, continue. - -

Le plus prestigieux des festivals de théâtre va-t-il avoir lieu cet été? Alors que la grogne des intermittents s'amplifie, rien n'est moins sûr. Olivier Py, son directeur, prend la menace d'une grève très au sérieux.

Les intermittents tiennent sans doute le mauvais rôle en laissant planer la menace d'une annulation sur Avignon, le plus prestigieux des festivals d'été. Ils ont décidé d'accentuer la pression sur le gouvernement avant la date butoir du 1er juillet, pour empêcher la ratification de la nouvelle convention d'assurance chômage qui réduit leurs droits.

Le personnel du "in" d'Avignon, qui a rassemblé 128.000 spectateurs l'an dernier, a mis son poids dans la balance mercredi en n'excluant pas le recours à la grève si le gouvernement agréait l'accord sur les nouvelles règles d'indemnisation des chômeurs signé par le patronat et trois syndicats (CFDT, FO et CFTC).

Une menace prise au sérieux par le directeur du festival, Olivier Py. "Si cet accord est signé, il y aura grève et probablement annulation. Il n'y a absolument aucun doute là-dessus", a-t-il estimé sur Europe 1.

Jane Birkin en soutien des intermittents pris à la gorge

Une trentaine de structures et manifestations (compagnies, festivals, tournages...) se sont déjà mises en grève ou ont été perturbées depuis une semaine par le mouvement des intermittents, selon un décompte de la CGT-Spectacle.

Premier à se mobiliser il y a une semaine, Le Printemps des Comédiens à Montpellier était toujours en grève mercredi et devait décider de la suite du mouvement jeudi. Jane Birkin, qui devait s'y produire le 22 juin, a annulé son spectacle en soutien aux intermittents. A Toulouse, la première journée du festival Rio Loco n'a pu se tenir mercredi.

Les directions de festivals "ne veulent pas revivre 2003"

Du côté des directions de festivals et des entrepreneurs de spectacles, les appels se multiplient en direction du gouvernement pour qu'il réponde aux revendications des intermittents.

Vingt festivals de musiques actuelles (Eurockéennes, Vieilles Charrues, Garorock, Marsatac...), qui emploient 5.000 intermittents, demandent la suspension de la réforme, tout comme le SPI (producteurs audiovisuels), tandis que le Prodiss (producteurs privés de spectacles de musiques actuelles) réclame un "moratoire" jusqu'au 1er septembre.

"Nous ne voulons et nous ne pouvons revivre 2003", écrit de son côté le Syndicat professionnel des producteurs, festivals, ensembles et diffuseurs indépendants de musique, dans une lettre ouverte au gouvernement. Cette année-là, la précédente réforme d'ampleur du régime des intermittents avait provoqué un mouvement de colère et des annulations de festivals, comme Avignon, Aix ou Les Francofolies.

Pas de préavis pour juillet, mais une journée d'action le 16 juin

La CGT-Spectacle a annoncé une nouvelle journée d'action le lundi 16 juin, avec un rassemblement à partir de 14h30 place du Palais-Royal à Paris, à deux pas du ministère de la Culture, et appelle à amplifier les débrayages ce jour-là.

"Notre but n'est pas de bloquer les festivals, au contraire. On a posé un préavis de grève pour le mois de juin avant la fin de la procédure d'agrément. Pour le moment, on n'a pas déposé de préavis pour le mois de juillet", a souligné le secrétaire général de la CGT-Spectacle, Denis Gravouil, lors d'une conférence de presse.

La CGT-Spectacle -qui doit rencontrer jeudi le médiateur nommé par le gouvernement sur le dossier, le député PS d'Indre-et-Loire Jean-Patrick Gille- craint que cette médiation n'aboutisse qu'à "des mesurettes d'ordre social".

La convention chômage contestée doit être examinée le 18 juin par le Conseil national de l'emploi, avant d'être théoriquement ratifiée fin juin par le ministre du Travail.

D. N. avec AFP