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Grève des routiers: retour progressif à la normale du trafic

Blocage de routiers à Toulouse, le 19 janvier.

Blocage de routiers à Toulouse, le 19 janvier. - BFMTV

La grève reconductible des chauffeurs routiers a débuté dimanche soir à 22 heures et devrait durer jusqu'à mardi, au moins. Au programme, blocages et ralentissements aux abords de nombreuses villes et dans leurs banlieues.

Ils veulent peser sur les négociations salariales. Les routiers ont démarré dans la nuit de dimanche à lundi une grève reconductible annoncée pour réclamer des augmentations de salaires. Il mènent des opérations escargots et blocages de poids lourds en banlieue parisienne, lyonnaise ou caennaise.

L'intersyndicale CGT, FO, CFTC et CFE-CGC a donné le coup d'envoi de ces opérations dimanche soir dès 22 heures; les actions en cours doivent durer au moins jusqu'à mardi, date de la séance de négociation annuelle obligatoire (NAO) dans le transport routier de marchandises, où les syndicats espèrent obtenir des augmentations de salaires. Une autre réunion est programmée le 22 janvier.

Quelques 600 kilomètres de bouchons cumulés ont été répertoriés par Bison Futé dans son bulletin de 9h30, pour moitié en région parisienne (consultez Sytadin pour les détails) et pour moitié en province. Mais la tendance est à la baisse. A 10h30, le même Bison futé enregistrait 80 km de bouchons en Ile-de-France et 50 km aux abords des agglomérations régionales.

> Quelque 50 points de blocage répartis sur tout le territoire

Une cinquantaine d'actions étaient prévues sur l'ensemble du territoire dans la nuit de dimanche à lundi. En principe, seuls les poids lourds et non les véhicules légers sont concernés par les barrages filtrants, mais des perturbations restent prévisibles.

Les principaux points de blocage, lundi matin.
Les principaux points de blocage, lundi matin. © BFMTV
  • En Ile-de-France

En région parisienne, c'est au port de Gennevilliers (Hauts-de-Seine), qu'une trentaine de militants ont bloqué les trois principaux ronds-points, selon une source policière. "Tous les camions, une cinquantaine, sont bloqués", selon cette source. Gennevilliers est le premier port d'Ile-de-France. Chaque année, 20 millions de tonnes de marchandises transitent sur cette plateforme.

Dans une ambiance bon enfant, ils distribuaient des tracts aux rares automobilistes de passage. Selon le CRIR, le mouvement n'avait pas d'impact sur la circulation à 8h30.

La plateforme aéroportuaire de Roissy et d'autres zones industrielles au nord de Paris sont également au programme des blocages.

  • En Normandie

Près de 160 camions sont immobilisés sur une voie du périphérique de Caen sur une dizaine de kilomètres et "quelques centaines d'autres" sont stockés dans un centre routier proche de la rocade, selon la police.

"Environ 500 camions au total sont bloqués. Plus d'une centaine de chauffeurs routiers participent au mouvement mais parmi ceux qui sont bloqués, il y a pas mal de sympathisants", a indiqué Jean-Marc Lambert, chauffeur routier de la CGT.

Selon le Centre régional d'information et de coordination routière, près de 160 poids lourds neutralisent la voie de gauche du périphérique de Caen sur une dizaine de km. Selon la police, quelques centaines d'autres sont stockés au centre routier de Mondeville, proche de la rocade.

  • En Bretagne

A Rennes, selon Christophe Provost (CGT), au moins 300 poids lourds sont bloqués sur la rocade de Rennes au niveau de la sortie "route de Lorient-Cleunay", ainsi que sur la route de Lorient (RN 24) sur une dizaine de kilomètres

Vers 9 heures, la rocade de la ville était "saturée", ainsi que tous ses accès (D137, RN12, RN24, RN137 et 157), a pour sa part indiqué le Centre régional d'information routière de Rennes, qui ne pouvait pas donner d'estimation précise du nombre de poids lourds bloqués.

  • Nantes

Près de Nantes, tous les accès de la zone industrielle de Carquefou sont bloqués par une cinquantaine de grévistes, selon Thierry Mayer (CGT) qui indique que 70 à 80 camions sont bloqués depuis 5h15. "Personne ne rentre personne ne sort", selon lui.

  • Dans l'agglomération lyonnaise

En banlieue lyonnaise, une centaines de personnes bloquaient l'accès aux transporteurs du marché de gros de Corbas et comptaient rester sur place jusqu'à mardi.

  • Marseille

A Marseille, trois opérations escargot ralentissaient le trafic autoroutier lundi matin en direction de la ville, depuis l'ouest, l'est et le nord, avec des bouchons pouvant atteindre jusqu'à 15 km.

En vidéo, les chauffeurs routiers expliquent pourquoi ils font grève.

> Revendications salariales et de conditions de travail

Les chauffeurs de car et les salariés du secteur logistique (stockage, magasinage, traitement des commandes, etc.) sont également appelés à cesser le travail pour "refuser la paupérisation et la smicardisation rampantes" de la profession.

Les syndicats réclament "une augmentation du pouvoir d'achat minimum de 100 euros" par mois, en portant à 10 euros le taux horaire minimum pour les coefficients les plus bas à l'embauche. "Les salaires dans le monde du transport sont quasiment gelés depuis trois ans. Or, pendant ce temps, le Smic continue à augmenter", a expliqué Marc Rosa. "Résultat: certains salariés qui ont entre 5 et 7 ans d'ancienneté touchent l'équivalent du Smic".

> Les patrons invoquent l'absence de "marges de manoeuvre"

"Les routiers roulent trop! Et les patrons leur confient des camions qui coûtent très cher, donc ils ont une grande responsabilité et des salaires qui ne vont pas avec", déplore Marham M'hammed, de Force Ouvrière.

Or, le contexte est favorable à des revalorisations, estiment les syndicalistes, pointant les aides publiques octroyées aux entreprises via le pacte de responsabilité et le Crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), ou encore la baisse des prix du carburant.

"Nous n'avons pas les marges de manoeuvre suffisantes", rétorque Nicolas Paulissen, délégué général de la Fédération nationale des transports routiers, une organisation patronale. Les revendications des syndicats, qui exigent aussi un 13e mois ou la suppression de la carence maladie, sont "en décalage avec les réalités économiques des entreprises", selon lui.

Son organisation présentera mardi une "proposition améliorée" de "1% à 2% de hausse selon les coefficients". Les syndicats réclament 5%.

D. N. avec AFP