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Grand froid : quelles solutions pour les SDF ?

Bénévoles de la Croix-Rouge auprès de sans domicile fixe à Nice.

Bénévoles de la Croix-Rouge auprès de sans domicile fixe à Nice. - -

Dans le cadre du plan "grand froid", des départements ont ouvert des places d'hébergement supplémentaires pour les sans-abris. A Nogent (Val-de-Marne), c’est l'armée qui accueille des SDF. Jean, lui, « préfère rester dans sa cabane dans le bois de Vincennes », où il vit depuis 4 ans. Témoignages.

Le froid a fait en quelques jours plus de 120 morts en Europe et il prend ce vendredi encore un peu plus d'ampleur. 41 départements sont placés en vigilance orange "grand froid et neige" par Météo France. Avec des températures ressenties [ndlr, avec la prise en compte du vent, "sibérien" en l’occurrence, venu du Nord-Est de l'Europe] pouvant descendre jusqu'à -18. Et selon Météo France, ça devrait durer jusqu'au milieu de la semaine prochaine. Plusieurs départements ont donc activé le niveau 3 du plan "grand froid", qui permet de mobiliser des places d'hébergement supplémentaires pour les sans-abri : l'Isère, la Savoie, le Nord, l'Oise et l'Ardèche. Et en région parisienne, l'armée a mis 576 places à disposition des sans-abri. La Ville de Paris, de son côté, a ouvert aujourd'hui un gymnase supplémentaire de 60 places pour faire face à l'afflux de demandes d'hébergement.

« 3 semaines avant de trouver un endroit pour être au chaud »

Reportage au Fort de Nogent dans le Val-de-Marne, où un centre d'hébergement a été ouvert. Ici ce sont les hommes de la Légion Etrangère qui vous accueillent. Derrière les barrières, un bâtiment, trois étages. Augustin est l'un des 165 SDF logés dans le fort : « Dieu merci que je sois ici ! ». Il était dehors il y a quelques jours, comme René, installé ici depuis une semaine : « Avec le RSA je me prenais quelques jours d’hôtel. Je suis resté presque 3 semaines avant de trouver un endroit pour être au chaud ».

Le "Ritz des centres d'accueil"

René a donc passé la nuit dans ce centre d'hébergement, différent des autres, selon Jean-Pierre Husson, le responsable du site pour l'armée du Salut : « Des chambres de 7, avec un lit chacun et une armoire qui ferme à clé, pour qu’ils mettent à l’abri le peu de choses qu’ils ont ». Dans un fort, ils sont évidemment en sécurité. Et en plus, contrairement à certains centres parisiens, ils peuvent rester : « Ils n’ont pas à remettre en cause chaque jour leur place, ni à reprendre chaque matin leur baluchon ». Un des responsables me parlait même du "Ritz des centres d'accueil". Version confirmée par les SDF qui, à cause du grand froid, occupent aujourd'hui 100% des places.

« Je préfère rester dans ma cabane dans le bois »

Il y a aussi des SDF qui refusent toujours le moindre hébergement malgré les températures polaires. C'est le cas notamment des sans-abri qui trouvent refuge dans le Bois de Vincennes. Depuis 4 ans, Jean vit dans sa petite cabane de bâche bleue dans le bois : « On réussit à ne pas avoir froid, en étant dedans, tout fermé. J’ai deux duvets, un matelas, des draps, des couvertures. Je cuisine des plats chauds. Je préfère rester ici, autant être dans le bois directement, toute la journée, toute la nuit. On est des gens motivés. Si on a 31 de tension et qu’on fait 4 ou 5 diabètes, c’est pas la pêche. Un SDF vit jusqu’à 46 ans ; moi j’ai 67, je fais du rab ! ».

La Rédaction, avec Thomas Chupin