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Grand débat: les jeunes s'engagent dans une tribune adressée à l'Etat

Emmanuel Macron lors d'un débat

Emmanuel Macron lors d'un débat - BFMTV

"Ne laissez pas nos propositions tomber dans l’oubli", ont demandé les 70 signataires.

Alors que s'est terminée il y a quelques jours seulement la première phase du grand débat, les interrogations se multiplient. Cette initiative, voulue par l'exécutif afin de sortir de la crise des gilets jaunes, a été constituée de réunions, auxquelles ont d'ailleurs participé certains ministres et Emmanuel Macron en personne, où de nombreuses propositions ont été faites. Mais à quel effet?

Parmi les participants, de nombreux étudiants et jeunes actifs aimeraient savoir comment seront utilisées ces idées, exprimées lors d'une de ces rencontres. 

C'est en ce sens que 70 étudiants ont tout récemment signé une tribune adressée au gouvernement, où ces derniers adressent leurs craintes mais aussi leurs désirs. 

"Nous vous le demandons solennellement: ne laissez pas nos propositions tomber dans l’oubli. Et surtout agissez. Prenez, suit à ces conférences, des mesures concrètes et tangibles", peut-on lire.

"Hypocrite"

A l'origine de ce malaise, l'organisation même de ces réunions. Pour David, qui a participé à un débat à Aix-en-Provence, la manière dont les choses ont été faites ne permet pas un échange d'idées efficace. 

"On avait que des documents sur place et environ 10 minutes pour les consulter, des documents très techniques. Même les hommes politiques ne prennent pas si peu de temps pour ce genre de documents. D’un côté on se sentait un peu infantilisés et pris pour des idiots", explique-t-il, avant d'ouvertement critiquer le gouvernement.  "Je trouve ça hypocrite d’être ministre de la jeunesse, d’arriver, de faire trois bises et de repartir. Pour moi c’est de l’infantilisation. Ce n’est pas respectueux des jeunes qui se sont déplacés", tance encore David.

"Peut-être déjà anticipé"

De son côté, clémence, une signataire de 25 ans, exprime elle aussi son appréhension malgré la liberté d'expression offerte lors de ces débats. 

"On se dit que c’est peut-être déjà anticipé, que le gouvernement sait déjà ce qu’il va mettre ou non en place et qu’il ne pas peut-être pas tenir compte de ce qu’on a dit", pense-t-elle.

Dès les premières semaines du grand débat, plusieurs observateurs avaient souligné l'absence des jeunes lors des débats. Un retard finalement vite rattrapé grâce à cette tribune, qui montre leur engagement. 

Hugo Septier