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Gilets jaunes: coups de fusil de chasse devant le domicile d'un député LaREM

Des gilets jaunes brûlent une représentation d'une carte électorale le 15 décembre à Nantes

Des gilets jaunes brûlent une représentation d'une carte électorale le 15 décembre à Nantes - Sebastien SALOM-GOMIS / AFP

Selon le député, des panneaux avaient été placés sur la route pour indiquer la direction de son domicile. Il doit porter plainte ce samedi.

Le député de La République en marche de l'Eure Bruno Questel a fait état samedi de coups de feu tirés avec des fusils de chasse devant son domicile vendredi soir et d'une "tentative d'intimidation de 40 gilets jaunes", faisant part de sa "détermination" à ne pas "baisser les bras".

"Je n'ai jamais refusé dialogue, concertation et échange. Six coups de feu devant chez moi hier et une tentative d'intimidation de 40 GJ ne me feront jamais faillir; la République au coeur", a tweeté le député.

Il a expliqué à l'AFP que des gilets jaunes avaient "organisé une opération à 1 km" de chez lui au rond-point menant à son domicile à Bourgtheroulde, installant "20 panneaux" sur la route pour "guider" vers son habitation. Rentré chez lui vers 21h30, cet avocat de profession a fait état de "beaucoup de plaintes du voisinage", les gendarmes étant appelés, y compris par lui-même.

Entendant ensuite du bruit, l'élu a ouvert sa porte et entendu six coups de feu, sans distinguer les auteurs partis rapidement en voiture. Il a expliqué que "3 minutes après, 20 voitures en cortège" avaient défilé devant son domicile en klaxonnant, avec des fumigènes et des pétards. Il a ensuite ramassé des cartouches de fusil de chasse.

"La prochaine fois, tu la prends entre les deux yeux"

"Si les gendarmes n'avaient pas été là, les choses auraient été plus compliquées (...) Il y avait des mauvaises intentions. On passe un cran (...) vous vous demandez jusqu'où ça va aller", a déclaré Bruno Questel, se disant néanmoins "terriblement combatif parce qu'on ne peut pas baisser les bras" et assurant toutefois ne s'être pas senti en danger. Le député comptait porter plainte ce samedi.

Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, des permanences de députés de la majorité ont été vandalisées et quelques domiciles approchés par des manifestants, une élue affirmant ne pouvoir sortir sans un gendarme à ses côtés. La voiture de l'élue LaREM de Dordogne Jacqueline Dubois a aussi été incendiée, tandis que son collègue Benoît Potterie (Pas-de-Calais) a reçu une balle dans une enveloppe, avec ce message: "La prochaine fois, tu la prends entre les deux yeux". 

Guillaume Dussourt avec AFP