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Gilets jaunes: 14 blessés par la police portent plainte à Toulouse

Photo d'illustration d'une manifestation des gilets jaunes à Toulouse, le 2 février 2019.

Photo d'illustration d'une manifestation des gilets jaunes à Toulouse, le 2 février 2019. - Pascal Pavani - AFP

Des coups de pieds, au crâne facturé, en passant par la mâchoire brisée. 14 blessés ont lancé un "appel des blessé.e.s de Toulouse", pour dénoncer les violences policières lors des protestations de ces dernières semaines.

Coups de pieds, mâchoire cassée voire coma pendant plusieurs jours... Quatorze personnes blessées, selon elles par la police, lors de manifestations de gilets jaunes, ont déposé plainte lundi auprès du parquet de Toulouse. Elles ont lancé avec d'autres signataires, un "appel des blessé.e.s de Toulouse" pour dénoncer les violences policières. 

"Le mouvement des gilets jaunes a donné lieu à une répression policière et judiciaire sans précédent", a dénoncé Claire Dujardin, l'avocate de nombreux blessés, lors d'une conférence de presse. 

Une dizaine d'entre eux étaient présents pour témoigner de leur cas, dénonçant tous des violences policières "arbitraires" et "abusives". Au total, leur appel recueillait lundi 31 signatures de personnes blessées à Toulouse, une ville en pointe dans la mobilisation.

"Je me suis réveillé dans une mare de sang"

Benoît, un artisan ébéniste de 29 ans, a raconté avoir été plongé plusieurs jours dans le coma, victime d'un tir de LBD 40 le 1er décembre, qui lui a causé de multiples fractures au crâne et un oedème au cerveau.

Yann, 39 ans, a affirmé avoir été "tabassé à coup de matraque" le 19 janvier lors d'une manifestation nocturne. "J'ai perdu connaissance et me suis réveillé dans une mare de sang", la mâchoire fracturée et 11 dents cassées, dit-il. "On a été agressés alors qu'on ne représentaient aucune menace, et laissés gisant à terre jusqu'à l'arrivée des secours", s'insurge-t-il.

"Si on est en liberté c'est qu'on est innocents. On a été tabassés pour rien", soutient Michael, 37 ans, frappé "à coup de pieds et matraqué".

"Aucun des blessés n'a été poursuivi ou condamné"

"Aucun des blessés n'a été poursuivi ou condamné. Beaucoup d'entre eux n'ont même pas été interpellés, et ceux qui l'ont été ont été rapidement relâchés", a aussi relevé Me Dujardin. 

Depuis le début du mouvement le 17 novembre, il y a eu "467 signalements à l'IGPN (Inspection générale de la police nationale), près de 200 personnes blessées à la tête, 21 personnes éborgnées et cinq dont la main a été arrachée", a affirmé l'avocate, reprenant les signalements donnés par le journaliste indépendant David Dufresne. 

Des données officielles antérieures chiffraient à la mi-janvier à 243 les signalements alors faits auprès de l'IGPN. 

Salomé Vincendon avec AFP