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Gaz : une hausse de « 5 à 6 %» des tarifs, craignent les associations

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Avec le rejet par le Conseil d’Etat de la limitation de la hausse du prix du gaz, les tarifs pourraient fortement grimper au 1er janvier. Les concurrents de GDF Suez se félicitent, mais les consommateurs s’inquiètent : « 10 millions de personnes ne peuvent pas se chauffer correctement », estime le délégué général de CLCV.

Autant s’y préparer tout de suite, la hausse du prix du gaz au 1er janvier risque d’être beaucoup plus importante que prévu. En septembre dernier, le gouvernement avait décidé de limiter l'augmentation de la facture de gaz à 2 % entre octobre et décembre, là où GDF Suez réclamait 7% et la Commission de régulation de l'énergie fixait 6,1%.
Finalement, les concurrents de GDF Suez l’ont emporté : après leur recours devant les Conseil d'Etat, les Sages ont invalidé jeudi ce geste du gouvernement en faveur des consommateurs. La haute juridiction administrative estime que cette hausse limitée des tarifs est inférieure à ce que prévoit la loi et « porte une atteinte grave et immédiate à la situation économique » des concurrents de GDF Suez. Le gouvernement va donc devoir revoir sa grille tarifaire à la hausse. Les nouveaux tarifs seront dévoilés par la ministre de l’Energie le 10 décembre.

« Le gaz a augmenté de 30% les 30 derniers mois »

Thierry Saniez, délégué général de l'association de consommateurs CLCV (Consommation, logement et cadre de vie), craint une hausse des prix du gaz « de 5 à 6% », en plus de celles déjà pratiquées ces dernières années. « Lorsqu’on sait que le gaz a augmenté de 30% sur les 30 derniers mois, il y a matière à être angoissé car en plus on est à l’entrée de l’hiver, et c’est maintenant que la période de chauffe pour les trois mois à venir commence ». Aujourd’hui, il le constate, les prix sont devenus si élevés qu’ils excluent une partie de la population. « On voit maintenant un phénomène récurrent de personnes qui ne chauffent plus qu’une pièce ou qui ne chauffent plus du tout, raconte le responsable de l’association. Est-ce qu’on peut accepter aujourd’hui que 10 millions de Français ne puissent plus se chauffer correctement pendant la période hivernale ? Est-ce que c’est acceptable, dans un pays comme le nôtre ? »

« La seule vraie solution, c’est la promotion de la concurrence »

L’affaire a été portée devant le Conseil d’Etat par l’Adone, l’Association nationale des opérateurs détaillants en énergie, un groupement de petits concurrents de GDF Suez. Son président, Fabrice Choné, estime que la décision est la preuve de l'échec de la politique tarifaire du gouvernement concernant le gaz. « Le gouvernement sait très bien que ces gels tarifaires sont illégaux et qu’il y aura des hausses rétroactives. C’est insupportable pour les consommateurs de devoir payer les arriérés de factures de l’année précédente ». Pas de secret, pense-t-il, la concurrence est le seul moyen d’offrir une alternative aux consommateurs. « La seule vraie bonne solution, c’est la promotion de la concurrence. Le gouvernement a même créé un site Internet et envoyé des communiqués de presse aux consommateurs pour choisir les meilleures stations essence pour protéger leur pouvoir d’achat, nous lui demandons de faire pareil dans le domaine du gaz. Il n’y a eu aucune pédagogie sur l’ouverture du marché il y a pourtant cinq ans. Il faut faire jouer la concurrence, c’est le seul vrai vecteur de modération tarifaire ».

M. Chaillot avec Yann Abback