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Gard: traque contre un loup "solitaire" aux portes de Nîmes

Une traque lancée aux portes de Nîmes contre un loup solitaire

Une traque lancée aux portes de Nîmes contre un loup solitaire - Julian Stratenschulte, dpa/AFP/Archives

Le préfet du Gard a annoncé ce mercredi matin qu'il autorisait la traque du "loup solitaire des Costières". L'animal aurait déjà blessé ou tué 22 bêtes depuis le début de l'année.

Didier Lauga, préfet du Gard, a annoncé, ce mercredi, qu'une traque contre "le loup solitaire des Costières" était lancée. Elle intervient après de nouvelles attaques contre des troupeaux au sud de Nîmes. Elle est mise en place avec des veilles de louvetiers et l'intervention de la Brigade nationale loup.

"Au début, je n'y croyais pas une minute mais les experts nous disent que l'on est face à un loup solitaire, ce qui est rare, et sur un terrain périurbain plat, ce qui est également atypique", a souligné Didier Lauga lors d'une conférence de presse. "Cela inquiète la population, au-delà du monde agricole, même s'il n'y a pas d'attaques d'humains, il y a un irrationnel, une émotion autour du loup", a relevé le préfet.

Souhaitant "répondre à cette inquiétude", Didier Lauga a détaillé des "mesures d'urgence" visant "clairement à tuer" ce loup. Depuis le 15 mai des lieutenants de louveterie, chasseurs bénévoles nommés par le préfet, ont mis en place des veilles nocturnes. Puis, la brigade nationale loup dépendant de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) interviendra au moins une semaine à partir du 3 juin.

Patrick Alimi, directeur adjoint de la Direction départementale des territoires et de la mer, parle de "trois semaines d'opérations un peu commando", assurant que la pression sera maintenue ensuite si nécessaire.

"C'est un animal protégé" mais "jusqu'à maintenant les défenseurs des loups ne se sont pas manifestés", a indiqué le préfet du Gard.

Un loup qui errerait dans les environs depuis 2017

En 2018, quelque 53 "dommages" (bêtes tuées ou blessées, devant souvent être euthanasiées) ont été attribués à ce loup dans la zone des Costières et 22 ont été constatés en 2019 sur ce plateau proche de Nîmes. Ce sont principalement des ovins qui ont été attaqués, mais aussi des veaux et de jeunes chevaux.

Un loup a été filmé à plusieurs reprises depuis 2017 dans cette zone de vignes, notamment sur la commune de Bellegarde.

La France a relevé fin 2018 le quota d'abattage de loups de 43 à 51 bêtes pour l'année, soit 12% de la population estimée. Les scientifiques recommandaient alors de ne pas prélever plus que ce pourcentage, sous peine de menacer l'espèce.
Aude Solente avec AFP