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Forcenés: Comment le RAID négocie-t-il ?

C’est au rez-de-chaussée de cet immeuble de la rue du Sergent Vigné, à Toulouse, qu’habite le tueur présumé.

C’est au rez-de-chaussée de cet immeuble de la rue du Sergent Vigné, à Toulouse, qu’habite le tueur présumé. - -

Les négociateurs du RAID sont mobilisés depuis plusieurs heures pour tenter de raisonner le forcené retranché chez lui afin qu’il se rende.

Depuis 03h00 du matin, l'assaut des policiers du RAID contre l'appartement du forcené dans le quartier de la Croix Pavée à Toulouse est une alternance d'échanges de tirs et de négociations. Un dialogue particulièrement difficile s'est engagé sur le pas de la porte entre le tueur présumé et les négociateurs du RAID, rompus à cet exercice.

«Essayer de le faire parler, de le calmer»

 « Le premier contact est très difficile, raconte Laurent Combalbert, ancien négociateur du RAID. Il faut avant tout stabiliser la situation avant de prendre contact avec le forcené, faire cesser les tirs. Les négociateurs doivent essayer de le faire parler, d'échanger avec lui et de le calmer. Ça permet déjà d'éviter les échanges de coups de feu. Les négociateurs essaient ensuite de le ramener à un fonctionnement plus raisonnable.
Dans certains cas, des forcenés ne veulent pas se rendre et sont prêts à aller jusqu'au bout de leur action folle. Leur but est de se faire tuer par les policiers. C’est ce que les négociateurs veulent parvenir à éviter ».

«La tension est extrême. Le corps et le psychisme se fatiguent»

« Le forcené va d’abord rester sur ses positions, explique le psychologue et criminologue Jean-Pierre Bouchard. La tension est extrême. Mais le corps se fatigue, le psychisme aussi. L'état mental n'est pas constant et évolue. Il va se sentir seul contre le reste du monde en quelque sorte. Sa psychologie va forcément changer au fil du temps. Il faut espérer qu'il ne choisisse pas une sortie violente pour se faire tuer en martyr ».