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Société

Flexitarisme: comment réduire le réchauffement climatique par le régime alimentaire

Le monde mange de trop de viande, favorisant ainsi l'émission de gaz à effet de serre et le changement climatique. Mais des modes de consommation alternatifs existent, sans pour autant passer au véganisme.

La consommation excessive de viande favorise l'émission de gaz à effet de serre et le changement climatique. Mais, alors que l'ONU vient de publier un bilan scientifique alarmant sur l'accélération du réchauffement climatique, l’heure est à la prise de conscience. Dans un rapport publié dans la revue Nature, des scientifiques appellent les pays développés à réduire leur consommation de viande de 90% pour préserver l’environnement. Mais comment convaincre les populations de s’infliger un tel régime quand il se consomme 10.000 kilos de viande chaque seconde dans le monde, selon l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO)?

De la viande une à deux fois par semaine

"Il faut une transition douce vers une consommation plus responsable", explique Salomé Tenenbaum, fondatrice de l’application Vegg’up qui aide à limiter les régimes carnés. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), les Français mangent 45% de protéines en trop par rapport à leurs besoins nutritionnels, avec en première ligne, les protéines animales. "Si on passe d’un régime omnivore à un régime végétarien, on réduit de deux fois et demi son impact carbone", expose la fondatrice de Vegg’up. Plus concrètement, "5.400 repas sans viande économisent une émission de CO2 équivalente à 20 vols Paris-New York". Toutefois, pas besoin de devenir totalement végétarien ou vegan pour avoir un impact favorable sur l’environnement.

La solution? Le flexitarisme. Ce néologisme désigne les consommateurs qui réduisent durablement leur consommation de viande, pour n'en manger qu'une à deux fois par semaine, en adoptant des repas végétariens ou vegan plus régulièrement.

"On peut remplacer ses habitudes carnivores avec des légumineuses, comme les lentilles, les haricots. Et si on a vraiment besoin de protéines, il existe les simili-carnés. Ce sont des protéines végétales comme le tofu, à base de soja", détaille Salomé Tenenbaum.

Une transition végétale bonne pour la planète, mais aussi pour la santé. En 2015, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé la viande rouge comme “probablement cancérogène” pour l’être humain. Manger trop de viande peut provoquer l’apparition de maladies telles que le diabète, l’hypertension artérielle, l’obésité ou encore des maladies cardiovasculaires. 

Patrimoine gastronomique

Toutefois, "la viande reste un marqueur culturellement important de l'alimentation française, elle est ancrée dans nos modes de vie et dans notre patrimoine gastronomique", souligne la créatrice de Vegg’up. "Le véganisme est encore mal vu, perçu comme du militantisme, voire de l’extrémisme", regrette Salomé Tenenbaum.

La jeune femme indique que sur ce régime alimentaire, la France est en retard par rapport à d'autres pays développés. Les régimes végétariens ou vegan ne sont pas encore démocratisés. D’ailleurs, seulement 1% de la population française est vegan. "Le flexitarisme est une bonne alternative pour qu'une réduction de la consommation de viande soit vue non pas comme un renoncement, mais plutôt comme une amélioration de notre quotidien".

Ambre Lepoivre