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Fin des vacances pour les juilletistes: comment éviter de plonger dans la déprime?

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- - CHARLY TRIBALLEAU / AFP

C’est déjà l’heure du retour au travail pour les vacanciers qui ont décidé de partir au moins de juillet, mais la déprime de la reprise n’est pas une fatalité.

Ils vous ont dit au revoir avec un petit sourire aux lèvres début juillet quand ils sont partis. Ils ont passé un mois entier à inonder Facebook et Instagram des photos de leurs séjours. Mais pour les juilletistes, c’est désormais l’heure de revenir au travail. C’est le cas pour Emeric (37 ans), conseiller bancaire à La Baule, et pour Nathan (23 ans), développeur à Paris. Ils le concèdent volontiers, une "petite déprime" s’est installée à l'heure de la rentrée. Mais reprendre début août n’est selon eux pas dénué d’avantages, selon Patrick Amar, co-fondateur du cabinet Axis Mundi, spécialisé dans la performance au travail, co-auteur de J’arrête de stresser (éd. Eyrolles).

Prendre le temps de reprendre: "On est un peu en service limité"

Reprendre le travail en août offre une occasion en or de s’offrir une rentrée en pente douce. Après avoir coupé une petite semaine en juin et en avoir profité pour se rendre en Belgique assister à un festival de musique, Nathan était sur la route du retour lundi. "Je n’ai pas vraiment envie de rentrer. En plus avec la route, on va rentrer tard à Paris. Demain matin (mardi), ce sera difficile de se lever", grogne-t-il. Mais il l’admet sans peine, travailler en août ce n’est pas vraiment la même chose que le reste de l’année:

"Le rythme au boulot est un peu plus léger. On est un peu en service limité, dans le sens où il y a quand même pas mal de monde en vacances. Ce n’est pas aussi soutenu que la normale. Donc oui, on n’est pas en vacances en tant que tel, mais c’est quand même un esprit totalement différent de d’habitude".

Impression confirmée par Emeric, pas enchanté non plus à l’idée "de quitter son short pour retrouver le pantalon et la veste", mais qui sait aussi que ce qui l’attend dans son agence bancaire sera tout à fait surmontable. "Je pense qu’il y aura du boulot, mais l’activité est quand même plus tranquille au mois d’août. Ce sera moins fatigant mentalement. Quand on reprend en septembre, on est tout de suite au taquet parce que tout le monde est rentré, les clients comme les collègues".

L’avis de Patrick Amar: "Le blues de rentrée, c’est comme un deuil à faire. Au sens de la perte d’une grande liberté et du retour des contraintes. Une des difficultés du quotidien c’est d’être dans la pensée dichotomique: ou je suis en vacances ou je suis au travail. Mais en reprenant en août, on peut organiser son travail d’une manière plus douce. En août, il y a un environnement qui conspire à aller plus lentement. L’entreprise ne fonctionne pas à plein, le chef est parti, les impôts ne sont pas encore là. Cela crée un environnement où il y a pas mal de cadeaux cachés: des places de parking dans la rue, le soleil est toujours là..."

Profiter de l’été: "Prolonger l’impression de vacances même si on travaille"

L’avantage, quand on est n’est pas encore en vitesse de croisière professionnel, c’est aussi qu’on peut en profiter pour "prolonger cette impression de vacances même si on travaille", assure Emeric. Lui est peu aidé par la ville où il vit: La Baule. "Il y aura toujours l’opportunité de profiter de la plage le soir en fin de journée. Savoir qu’après la journée de boulot on va pouvoir y faire un petit apéro avec les amis qui sont encore en vacances, c’est quand même appréciable. Quand on rentre en septembre, c’est le genre de chose qu’on fait moins facilement".

La plage, Nathan n’habite pas à côté. Mais en tant que Parisien, revenir dès le moins d’août provoque quand même quelques bénéfices. "On va se donner les moyens de passer le temps et trouver un moyen de se dire qu’on est toujours un peu en vacances. Beaucoup de Parisiens trouvent que le mois d’août à Paris, c’est génial, et je suis 100% d’accord avec ça. Il y aura moins de monde aux terrasses, moins de monde dans les piscines… Moi qui prends le métro tous les matins, je peux vous dire aussi qu’en août, on revit. Il y a beaucoup moins de monde, c’est plus agréable, plus sympa. On s’éloigne un peu de la foule".

L’avis de Patrick Amar: "Le blues de la rentrée au 1er août se double du sentiment que les autres ont leurs vacances à venir. Il y a un phénomène de comparaison sociale. Autrement dit, dans un monde où tout le monde reprend, c’est marginalement moins dur de reprendre aussi. Mais août, c’est aussi un moment pour prolonger les bénéfices des vacances. Tout conspire à cela, à commencer par la luminosité ambiante qui reste forte. Le mois d’août est un entre-deux où on continue à courir, à nager… Cette période peut permettre de faire vivre des résolutions prises en vacances dans un environnement moins stressant. Pour certains, il y a le sentiment qu’il reste presque encore un mois de vacances".

L’opportunité de repartir plus tard: "Un week-end prolongé avant la fin du mois"

Revenir au moins d’août, un calvaire? Pas si on peut s’imaginer repartir rapidement. "La famille de ma compagne habite dans le Sud. J’essaierai de poser des jours par-ci par-là pour tenter de partir en week-end prolongé avant la fin du mois, prévient Nathan. En juillet, il n’a d’ailleurs posé que 5 jours. De quoi anticiper un départ hors-saison: "Déjà, je suis parti un peu plus tôt cette année. Mais c’est vrai que je vais pouvoir en profiter pour repartir un peu plus tard. A la veille de rentrer, se dire ça, c’est aussi un moyen de se rassurer".

Emeric, qui avait pour la première fois posé ses congés en juillet, ne pourra pas repartir tout de suite. Mais il est désormais convaincu que reprendre en août n’est pas si terrible que ça. "Quand on ne part qu’en août, on attend aussi toujours assez longtemps pour avoir des vacances. Cette fois, même si c’est passé beaucoup trop rapidement, c’est quand même venu plus vite, et en plus il a fait très beau".

L’avis de Patrick Amar: "Le choc du retour est proportionnel au temps de vacances qu’on a pris. Si on prend un mois d’un coup, à la reprise, boum, c’est le coup de massue. Alors que prendre une semaine permet aussi de prendre plus souvent, de profiter tout l’été et de rester dans une ambiance plus détendue. Quand il ne nous reste plus d’anti-stresseur à la rentrée, c’est aussi une stratégie: utiliser le peu d’énergie qu’on a pour préparer les vacances d’après. Et puis il y a une promesse presque stratégique, qui est qu’on n’aura pas de blues début septembre, puisque on sera déjà réadapté, et qu’on sera totalement opérationnel alors qu’on voit les collègues revenir un peu déphasés".

Antoine Maes