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Fin de vie : une élue raconte le suicide de sa mère et relance le débat sur l'euthanasie

Sandrine Rousseau.

Sandrine Rousseau. - -

Sandrine Rousseau, une élue EELV du Nord-Pas-de-Calais raconte sur son blog l'agonie de sa mère contrainte de se suicider "pour que sa souffrance s'arrête".

"Son agonie a été longue. Neuf heures à supporter cette souffrance non encadrée médicalement", raconte Sandrine Rousseau. Cette députée du Nord-Pas-de-Calais et porte-parole nationale d'EELV a décidé de prendre la parole pour relancer le débat sur l'euthanasie.

Sur son blog, elle raconte la souffrance de sa mère, atteinte d'un cancer en phase terminale et qui n'a pas eu d'autre choix : "Et elle ne s’est pas suicidée par plaisir, elle l’a fait parce qu’elle savait que l’on n’abrègerait pas ses souffrances, pas suffisamment pour mourir dignement du moins", écrit Sandrine Rousseau. Evelyne Rousseau avait arrêté la chimiothérapie "qui, pour elle, ne faisait que retarder une échéance inéluctable".

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"Rien de tout cela n'a été digne"

"Rien de tout cela n'a été digne en réalité. Ni pour elle, contrainte à l'indignité de devoir mourir devant sa fille et son mari, de se vider, d'étouffer, d'agoniser en mille et une souffrances. Ni pour nous, ses proches, contraints de subir une des plus dures épreuves qu'il nous ait été donné de traverser. Alors oui, mourir dans la dignité a un véritable sens", raconte-t-elle encore.

"Elle, mon père et moi, nous aurions tous aimé que cela se passe à l'hôpital, paisiblement. Elle voulait juste que sa souffrance s'arrête", témoigne-t-elle. "Je sais que je peux être poursuivie pour non-assistance à personne en danger. Que l'agonie de ma mère serve à faire avancer le débat. Je milite pour la légalisation du suicide assisté", dit-elle.

Le Comité consultatif national d'éthique (CCNE) doit rendre lundi les conclusions de la "Conférence citoyenne sur la fin de la vie" organisée à la demande de François Hollande, qui entend légiférer sur l'euthanasie après la loi Leonetti de 2005.

La rédaction