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Fétichisme des sous-vêtements: une explication biologique?

Une exposition de sous-vêtements à Hong-Kong en mars 2012.

Une exposition de sous-vêtements à Hong-Kong en mars 2012. - Anthony Dickson - AFP

D'après des médecins japonais, un jeune fétichiste aimait les sous-vêtements... parce que certaines zones de son cerveau était mal irriguées. Explications.

Conditionnement social, traumatismes, problème psychologique… Les hypothèses pour expliquer le mécanisme du fétichisme sont nombreuses et ne font pas l'unanimité. L'analyse de neuropsychiatres japonais apporte un éclairage inattendu sur cette pathologie qui pourrait être, selon eux, d'origine biologique. 

Une équipe de médecins a expliqué un cas de fétichisme des sous-vêtements par une diminution de l’afflux sanguin dans le cerveau, comme le montrent leurs conclusions, publiées dans la revue BMJ Case Reports.

Un voleur de petites culottes

A la demande de la justice, une équipe de neuropsychiatres s’est penchée sur le cas d’un patient âgé de 24 ans arrêté pour un vol de sous-vêtements, comme l’a repéré un blog de Science et Avenir. Le jeune homme n’en était pas à son coup d’essai. Il avait déjà été surpris en train de voler des sous-vêtements féminins à plusieurs reprises depuis l'âge de 11 ans. En revanche, précise l’étude, cet étudiant modèle ne montrait d’intérêt ni pour les sous-vêtements de sa mère, ni ceux de sa sœur ou ni même de ses petites-amies. 

Les psychiatres ont décidé de réaliser une scintigraphie cérébrale afin d’évaluer le débit sanguin dans son cerveau. Les examens d’imagerie cérébrale ont révélé un ralentissement de l’afflux sanguin dans les lobes temporaux (sur le côté) et occipitaux (sur l’arrière) chez ce patient fétichiste.

Diagnostic: fétichiste

Après avoir écarté d’autres pistes, les médecins de la Faculté de Médecine Oita ont donc diagnostiqué le fétichisme. Ils ont fait le parallèle avec le syndrome Klüver-Bucy, caractérisé par un dysfonctionnement du lobe temporal et dont l'un des symptômes est l'hypersexualité.

Les experts ont conclu qu’une diminution du fonctionnement du lobe temporal pouvait donc être associée au fétichisme observé chez le jeune patient. Les auteurs de l’étude recommandent que la fonction cérébrale soit étudiée avant et après traitement dans les cas similaires, afin de valider leurs observation.

Quant au jeune fétichiste, il a été soumis à une thérapie comportementale, avec succès.

Aurélie Delmas