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Féminicides: un rassemblement à Paris exige des mesures immédiates

Un manifestation, à l'appel d'un collectif de familles et proches de victimes, s'est déroulée ce samedi à Paris pour réclamer des mesures immédiates et des moyens accrus pour lutter contre les féminicides.

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées samedi à Paris pour réclamer des mesures immédiates et des moyens accrus pour lutter contre les féminicides, à l'appel d'un collectif de familles et proches de victimes. Parmi elles, des femmes, mais aussi des hommes, 74 portaient des couronnes de fleurs, soit le nombre de féminicides recensés depuis le 1er janvier.

Dans l'assistance figuraient la chanteuse Yael Naim et les actrices Julie Gayet, compagne de l'ancien président François Hollande, et Muriel Robin. Cette dernière a appelé les manifestants à observer symboliquement "74 secondes de bruit et de colère", et interpellé le président Emmanuel Macron.

"Vous avez parlé de cause nationale: où en êtes-vous ? Combien coûte la vie d'une femme ? Je veux une réponse", a martelé la comédienne, qui a incarné à l'écran Jacqueline Sauvage, condamnée, avant d'être graciée par François Hollande, pour le meurtre de son mari violent.

Dans un tweet, la secrétaire d'Etat à l'Egalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, a dit "saluer chaleureusement" la manifestation.

"Les conjoints violents gâchent la vie de femmes et d'enfants depuis trop longtemps", a-t-elle observé, réaffirmant la "détermination du gouvernement" à prévenir les féminicides. 

130 féminicides en 2017

Réuni dernière le mot d'ordre "Protégez-les", le collectif à l'origine du rassemblement avait signé une tribune dans Le Parisien dimanche dernier, appelant Emmanuel Macron à "mettre fin à ce massacre" et réclamant la convocation d'un "Grenelle des violences faites aux femmes" avec la police, la justice, l'école, les services sociaux, les entreprises, les associations. 

Il souhaite le traitement systématique des plaintes, l'octroi de l'aide juridictionnelle dès le dépôt de plainte, un hébergement d'urgence et des ordonnances de protection pour les victimes. Mais aussi des bracelets électroniques pour les conjoints violents, un dispositif que la ministre de la Justice, Nicole Belloubet a annoncé lundi dernier vouloir "généraliser".

La sénatrice socialiste Laurence Rossignol, ancienne ministre des Droits des femmes, a écrit aux ministres de la Justice et de l'Intérieur pour demander une enquête administrative sur les féminicides survenus depuis le 1er janvier. Le Haut conseil à l'égalité (HCE, instance consultative indépendante) s'est "porté volontaire" pour "identifier les parcours et les éventuels manquements qui ont conduit au meurtre" de ces femmes.

Si l'on prend en compte les couples officiels comme les non-officiels (de l'époux à la relation épisodique), 130 femmes sont mortes en 2017 en France tuées par leur conjoint ou ex, contre 123 en 2016, selon les derniers chiffres du ministère de l'Intérieur.

Clément Boutin avec AFP