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Faut-il supprimer des jours fériés ?

Avec 11 jours fériés dans l'année, l'économie perdrait 1,8 milliards d'euros par an.

Avec 11 jours fériés dans l'année, l'économie perdrait 1,8 milliards d'euros par an. - -

Coûteux, les jours fériés feraient perdre 0,1 point de PIB à l'économie française chaque année, soit 1,8 milliards d'euros. Certains appellent à en réduire le nombre, comme le Portugal vient de le faire.

Avec trois jours fériés en moins de deux semaines, ce mois de mai ne sera pas des plus intenses dans les entreprises françaises, d'autant plus que de nombreux salariés choisissent de poser leur vendredi 10 mai afin de profiter d’un grand pont de l’Ascension. Et si aujourd'hui la symbolique du 8 mai fait débat, certains réfléchissent même à supprimer ce jour chômé, le jugeant trop coûteux pour l'économie. En France, selon l’Insee, les 11 jours fériés plombent la croissance avec un coût de 1,8 milliard d’euros pour l’année 2012, soit 0,1 point de croissance.

« Une équation impossible pour ces entreprises »

Hervé Lambel, président du CERF (Créateurs d'Emplois et de Richesses de France), s’en passerait bien. « En tant de crise, incontestablement. L’entreprise, tout au long du mois où on subit les jours fériés, supporte les mêmes charges salariales. On parle de 0,1 point de PIB chaque année, au travers des 11 jours fériés, ça représente environ 2 milliards d’euros qui ne rentrent pas dans l’économie et mettent les entreprises en difficulté. C’est une équation impossible pour ces entreprises ». Le Portugal a déjà réglé ce problème : il a fait disparaître quatre jours fériés de son calendrier cette année dans le cadre de son plan anti-crise.

« Pas d'impact sur la croissance »

Mais les choses ne sont pas aussi simples, rappelle Mathieu Plane, économiste à l'OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques). « Supprimer des jours fériés dans un moment où on a des surcapacités de production, comme en ce moment, n’aurait pas d’impact sur la croissance. On voit que le problème aujourd’hui n’est pas de produire plus, c’est d’écouler leur production. Les jours fériés sont de toute façon un phénomène récurrent, comme les vacances d’été, les entreprises s’organisent autour de ça, c’est plutôt autour de la logique d’organisation qu’il faut réfléchir plutôt que savoir s’il faut supprimer ces jours pour retrouver la croissance ».

Mathias Chaillot avec Victor Joanin