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Faut-il supprimer des commémorations ?

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A la veille des cérémonies du 11 novembre, un rapport fait débat : il préconise la limitation du nombre de commémorations. Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, s'y oppose.

La commémoration du 11 novembre, qui célèbre la signature de l'armistice mettant fin à la guerre 14-18, sera célébrée par le Président de la République ce mardi à Verdun et Douaumont (Meuse). Dès ce lundi, Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants, réunit à Mulhouse (Haut-Rhin) tous les ministres européens chargés des « questions mémorielles ». Le but de ce colloque est de réfléchir à une « mémoire commune de la Grande Guerre » et à un « rituel européen ».

Le débat sur la suppression

Faut-il supprimer des cérémonies officielles ? C'est en tout cas l'avis de la Commission pour la modernisation des commémorations publiques, baptisée « Commission Kaspi » (du nom de son président l'historien André Kaspi) et mise en place il y a un an. Elle remet un rapport mercredi 12 novembre à Jean-Marie Bockel. Un rapport qui préconise une limitation des commémorations nationales, qui sont au nombre de 12 aujourd'hui.

Le Parisien-Aujourd'hui en France a dévoilé les conclusions de ce rapport. La commission conseille d'alléger le calendrier à trois commémorations annuelles seulement : le 11 novembre (armistice 1918), le 8 mai (victoire de 1945) et le 14 juillet (fête nationale). Les autres commémorations, comme celles de l'abolition de l'esclavage (10 mai), l'hommage aux morts d'Indochine (8 juin), l'hommage aux harkis (25 septembre), aux Justes (16 juillet)... Toutes ces dates emblématiques seraient décentralisées, au bon vouloir des régions et des communes.

Sarkozy tranchera

Jean-Marie Bockel, secrétaire d'Etat à la Défense et aux Anciens Combattants, donne sa position sur la question : « Je dirais que le rapport propose et le gouvernement dispose. C'est le Président qui donnera le la. Mais mon opinion est qu'il ne faut supprimer aucune commémoration. Pourquoi supprimer une commémoration ? Ils ne demandent pas d'en faire des jours fériés de toutes ces commémorations. On n'est pas dans un pays qui a la culture du « Memorial day » à la française, ce n'est pas notre tradition, ce n'est pas notre histoire. Donc réduire l'histoire mémorielle à trois dates, ce n'est pas mon état d'esprit ».

Il défend le rôle de ces commémorations pour les jeunes : « Les jeunes n'y participent pas spontanément. Ils y participent en général quand ils y sont incités, quand on a su éveiller leur curiosité, susciter leur attention. Souvent d'ailleurs, c'est dans le domaine scolaire que les choses se préparent le mieux. Au fond, nous avons un grand devoir de pédagogie. C'est ça le sens des commémorations. Il faut respecter ce qui existe, les commémorations nationales resteront les commémorations nationales, et ce n'est surement pas à une loi ou un décret de codifier un dispositif ».

La rédaction et Véronique Verdin