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Société

Faut-il ficher génétiquement tous les Français ?

Ficher génétiquement tous les Français, une mesure indispensable?

Ficher génétiquement tous les Français, une mesure indispensable? - -

Elargir le relevé d'empreintes génétiques aux délinquants routiers et si possible à tous les Français : c'est la proposition de Marie-Pierre Mazier, qui a perdu sa fille Angélique en 2006. Elle va bientôt envoyer une demande en ce sens aux quatre principaux candidats à la présidentielle.

Il y a 16 ans, Marie-Pierre Mazier a connu un drame : sa fille Angélique, 19 ans, a été assassinée dans la forêt de Compiègne dans l'Oise, en 1996. Le meurtrier a été retrouvé 15 ans plus tard, confondu par un prélèvement d'ADN effectué sur lui parce qu'il battait sa femme. Il s'est suicidé juste avant d'être arrêté. Marie-Pierre Mazier en est certaine : si les empreintes ADN étaient plus systématiques, l'assassin de sa fille aurait été retrouvé, et arrêté bien plus tôt.
Elle demande donc aux principaux candidats d'étendre l'enregistrement au fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) aux délinquants financiers et routiers. A terme, elle souhaiterait un fichage généralisé de toute la population française.

« On a bien nos empreintes digitales, pourquoi pas les empreintes génétiques ? »

Mais pour Marie-Pierre Mazier, c'est d'abord les délinquants routiers qui doivent être visés : « Le meurtrier de ma fille avait été contrôlé en 2006 en état d'alcoolémie au volant, explique-t-elle. Il s'était sauvé, puis avait été rattrapé par les policiers. Il n'avait pas subi de prélèvement ADN. S'il avait été prélevé, il aurait été arrêté et on l'aurait eu vivant. J'aurais pu l'avoir en face de moi. Voilà pourquoi je tiens absolument à ce que tout ce qui est délit routier entre dans le fichage génétique. On a bien nos empreintes digitales, pourquoi pas les empreintes génétiques? Pour moi c'est réalisable mais on sait bien que ça coûte une fortune. Maintenant la question c'est : à quel prix est située la vie d'un enfant? »

« C'est tout le monde, ou personne! »

Pour le criminologue Christophe Naudin, la question est délicate : « On ne peut pas imposer quelque chose à une population sans qu'elle soit d'accord. Il est certain qu'un jour l'état civil deviendra biométrique : tout le monde sera fiché. Mais qu'on fiche simplement les auteurs d'infractions routières, je ne suis pas d'accord. C'est une discrimination forte de la société. C'est tout le monde, ou personne! »