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Farouk Ben Abbes, islamiste radical et bénéficiaire du RSA

Bâtiment abritant la Caisse d'allocations familiales de Calais (Photo d'illustration)

Bâtiment abritant la Caisse d'allocations familiales de Calais (Photo d'illustration) - PHILIPPE HUGUEN - AFP

Interrompu au printemps par une période d'incarcération, le Conseil départemental de Haute-Garonne a repris le versement d'un Revenu de solidarité active à Farouk Ben Abbes au mois de septembre. Cet islamiste radical toulousain est surveillé par les autorités depuis plusieurs années.

Farouk Ben Abbes, assigné à résidence pour ses liens avec l’islamisme radical, bénéficie d’un versement mensuel en provenance du Conseil départemental de Haute-Garonne au titre du RSA. C’est ce que révèle ce 7 octobre Le Parisien.

Assigné à résidence après le 13 novembre

Farouk Ben Abbes, Belgo-Tunisien de 31 ans, réside dans le quartier de La Reynerie à Toulouse. A vrai dire, il s’agit d’une reprise de versement de cette aide dont les virements avaient été interrompus en raison d'une incarcération. En effet, Farouk Ben Abbes a été assigné à résidence dans la foulée des attentats du 13 novembre. Or, à la fin du mois de mars, il viole cette assignation. Aussitôt interpellé et placé en garde à vue, il assure avoir momentanément quitté Toulouse dans le but d’acheter une voiture d’occasion à Colomiers (une commune avoisinante). Il est envoyé en prison pour trois mois jusqu’en mai.

A sa sortie, les autorités s’inquiètent de sa présence à Toulouse dont le Stadium s’apprête à accueillir des matchs de l’Euro. Le département accueille de plus deux étapes du Tour de France. On le déplace donc à Brienne-le-Château (Aube) pour quelques semaines. C’est dans le courant de cet été qu’il remplit son dossier de demande de prestation. Sa demande a été validée mi-septembre avec effet rétroactif jusqu’au 1er juillet. Il n’existait pas de raison de ne pas l’accepter, a expliqué une source proche du dossier au Parisien constatant que l’homme remplit notamment la condition d’être ressortissant de l’Union européenne, et ajoutant: 

"Sa dangerosité supposée ne fait pas partie des critères prévus par les textes."

Des soupçons mais pas de condamnation

Cette dangerosité présumée s’appuie sur un faisceau de présomptions. Farouk Ben Abbes a été proche des frères Clain, convertis français et recruteurs jihadistes dans la région Midi-Pyrénées au début des années 2000, qu’il a rencontrés en 2003. En novembre dernier, Fabien Clain a d’ailleurs revendiqué les attaques qui ont ensanglanté Paris et sa banlieue dans un enregistrement pour le compte de Daesh. Le nom de Farouk Ben Abbes lui-même est apparu dans l’enquête autour de l’attentat commis au Caire en 2009 qui avait tué la Française Cécile Vannier, âgée alors de dix-sept ans. Il est encore associé en 2010 à un projet d’attentat contre…le Bataclan.

Aussi lourd que puissent paraître ces soupçons, il est à noter qu’aucun d’entre eux n’a jamais débouché sur une condamnation. La justice lui a même attribué 21.650 euros (dont un trop-perçu de 15.000 euros que le ministère de la Justice essaye de récupérer) en mars pour deux mois d’une détention qui a été jugée abusive a posteriori.

R.V