BFMTV

« Face aux difficultés, les gens raclent les fonds de tiroir »

« Face aux difficultés, les gens raclent les fonds de tiroir »

« Face aux difficultés, les gens raclent les fonds de tiroir » - -

Affluence record aux guichets du Mont-de-Piété : en un an, les dépôts ont augmenté de 73% et le nombre de visiteurs est en hausse. « On assiste à une précarisation de nos clients », explique le directeur de l’établissement.

Bijoux, tableaux, argenterie ou même bouteilles de vin : de plus en plus de personnes font des prêts sur gage pour assurer leurs fins de mois difficiles. Le crédit municipal de Paris, ancien Mont-de-Piété, constate une affluence record à ses guichets. Les dépôts y ont augmenté de 73% en valeur par rapport au 1er trimestre 2011, le nombre de visiteurs a augmenté de 37%. Le montant des prêts est lui aussi plus important, conséquence de l'aggravation de la crise. Dans cette banque sociale, baromètre de la pauvreté à Paris, on peut déposer des objets de valeur et obtenir un prêt d'un an, avec des taux d'intérêt faibles, de 4 à 8% par an.

« Des personnes viennent pour gagner 30 euros »

Bernard Candiard, directeur général du crédit municipal de Paris, observe « une précarisation de nos clients. Nous avons des personnes qui viennent pour 30 euros parce que c’est un besoin vital. Ce que nous avons constaté, c’est un parallélisme important entre l’affluence chez nouss et l’augmentation du prix des matières premières et du chômage. Dans des périodes où l’inflation est forte, où les gens sont en situation plus précaire au niveau de l’emploi, les banques ne prêtent pas. Les personnes n’ont pas d’autres solutions que de s’orienter vers une formule qui consulte à nous laisser des objets qui ont une certaine valeur. Les ménages raclent un peu les fonds de tiroir pour faire face aux difficultés. »

« Je viens déposer un bracelet offert par mon mari »

Denise, 80 ans, est venue déposer « des bijoux. Je viens de perdre mon mari. On avait pris un crédit, et on n’a pas pris d’assurance alors je suis obligée de continuer à rendre. Parce que j’aime pas être à découvert, et je n’aime pas demander aux enfants. Je n’ai pas osé, comme ça il n’y a pas de merci à dire. Je ne sais pas combien il va m’en donner, 200 euros ou quelque chose comme ça. J’en ai d’autres mais c’est le dernier que mon mari m’a payé, alors ça me faisait mal au cœur… ça ne me rapportera pas beaucoup mais comme j’ai déjà payé mon loyer, je ne veux pas être à découvert, c’est tout. »