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Etudiant tué à Marseille : un homme interpellé

Le suspect a bien été identifié sur des bandes de vidéo surveillance qui effectuent un balayage de la zone au moment du drame, pratiquant sur le trottoir, selon certains témoins, une mendicité agressive.

Le suspect a bien été identifié sur des bandes de vidéo surveillance qui effectuent un balayage de la zone au moment du drame, pratiquant sur le trottoir, selon certains témoins, une mendicité agressive. - -

Un suspect arrêté à Marseille pourrait être le meurtrier de Jérémie Labrousse, cet étudiant de 22 ans égorgé en pleine rue vendredi soir, près de la Gare Saint-Charles. Il s'agirait d'un déséquilibré.

Un marginal de 41 ans, souffrant de troubles psychiatriques, a été interné d’office samedi soir après avoir été interpellé à Marseille. Si son état de santé a empêché toute audition pour le moment, le procureur indique que l’homme semble « correspondre à la personne qui apparaît sur certaines des vidéos présentes dans la zone de l'agression ». Le suspect compte une dizaine de condamnations à son actif dont une pour violence, mais la dernière en date remonte à une dizaine d'années.
Le déséquilibré serait l’auteur de l’agression qui a coûté la vie à Jérémie Labrousse. Vendredi soir, cet étudiant à l'école de Management Euromed, qui avait 22 ans, a été égorgé en pleine rue. Il a succombé à ses blessures dimanche en fin de matinée à l'hôpital nord de la ville. Le portable de la victime n'ayant pas été retrouvé sur les lieux, les enquêteurs ont privilégié la piste d'un vol ayant mal tourné, mais il a été géo-localisé vendredi soir dans les quartiers nord de la ville avant d’être éteint. Selon le procureur adjoint, il aurait aussi pu faire l’objet d’un vol par opportunité de la part de quelqu’un d’étranger à l’agression. Le suspect a été identifié sur des bandes de vidéosurveillance qui effectuaient un balayage de la zone au moment du drame. On y voit d'abord l'homme pratiquant sur le trottoir une mendicité qualifiée d'agressive par certains témoins. La caméra le retrouve ensuite en train de prendre la fuite, mais en aucun cas on ne le voit au contact de Jérémy Labrousse.

« Ça fait 15 ans qu'on liquide l'hôpital psychiatrique en France »

Les enquêteurs comptent beaucoup sur les analyses pratiquées à son domicile, un foyer abritant une dizaine de malades psychiatriques, où plusieurs couteaux ont été retrouvés, et sur l’appel à témoins qu’ils ont lancé.
Un acte « conjoncturel » sur lequel la police « n’a aucune prise » juge Martine Coudert, directrice adjointe de la Sécurité publique à Marseille : « C’est une problématique qu’on peut malheureusement rencontrer dans toute la France, d’une personne déséquilibrée, qui devient totalement incohérente et passe à l’acte sans comprendre ce qu’elle vient de faire » déplore-t-elle. Patrick Menucci est le maire du premier secteur de Marseille où s’est déroulée l’agression. Pour lui, ce drame révèle le problème plus large de la psychiatrie : « On se demande pourquoi ce type n’est pas en hôpital psychiatrique. La question annexe, c’est y a-t-il des places pour qu’il y soit ? Ça fait 15 ans qu’on liquide l’hôpital psychiatrique en France, et dans certaines rues, on a des hôpitaux psychiatriques à ciel ouvert, donc c’est normal que les gens soient en colère » analyse l’édile. Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, a fait part dimanche dans un communiqué de sa « profonde tristesse », et a appelé « l'ensemble des responsables publics à la retenue afin d'éviter les surenchères et polémiques déplacées ».

Claire Béziau et avec Lionel Dian