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En Île-de-France, les étudiants en médecine tirés au sort?

Entrée de la faculté de médecine de Paris.

Entrée de la faculté de médecine de Paris. - AFP

Les études de médecine se font de plus en plus sélectives. Pour désengorger les facultés, la sélection des bacheliers pourrait se faire désormais par tirage au sort. Le secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur se dit opposé à une telle mesure.

Les compétences ne suffiront plus, les futurs étudiants en médecine d'Île-de-France devront aussi avoir un coup de chance. C'est ce qu'a annoncé le Service interacadémique d’affectation des étudiants en première année d’études médicales et odontologiques (Sadep), selon Le Monde. Pour la première fois, le rectorat de Paris a fixé un numerus clausus, un nombre limité de places en Paces (première année commune aux études de santé), à l'issue du baccalauréat. 

7.500 admis... sur tirage au sort

Comme le rappelle Le Monde, 8.143 bacheliers avaient été admis en Paces en 2015 alors qu'ils ne seront plus que 7.500 à la rentrée 2016. Une baisse drastique du nombre d'étudiants admis qui se heurte à la réalité des chiffres: plus de 8.000 élèves de terminale ont déjà choisi cette voie comme premier voeu post-bac. 

La méthode retenue pour éliminer 8% des candidats à la première année est celle du tirage au sort. Une solution que l'Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf) juge "catastrophique". 

"Il est difficile de dire à des bacheliers qui souhaitent s’engager dans des études très difficiles qu’ils ne pourront même pas tenter leur chance. De plus, le tirage au sort élimine d’office des étudiants qui ont statistiquement le bon profil pour réussir, c’est catastrophique" juge Rémi Patrice, vice-président de l'Anemf. 

La solution bientôt étendue?

Le choix du tirage au sort, résultat du refus d'une faculté parisienne d'accueillir plus d'étudiants, pourrait bien devenir la norme à l'avenir. Surchargés, les bancs des universités de médecine sont au bord de la rupture. 

"On s’approche du point de rupture : il y a de plus en plus de candidats et les amphithéâtres ne sont pas extensibles à l’infini. Paris n’est que le symptôme d’un problème plus global" estime Rémi Patrice. 

Sur le plateau de BFMTV, Sébastien Foucher, président de l'Anemf a quant à lui exprimé sa colère face à la mesure. "Toutes les options sont ouvertes, et si les étudiants décident de manifester, nous les soutiendrons sans problème" a-t-il affirmé, attendant que "le ministère nous dise que le rectorat s'est emballé, et qu'ils vont revenir sur cette décision". 

De son côté, l'Anepf (Association nationale des étudiants en pharmacie de France) se montre elle aussi réticente au tirage au sort. Son vice-président, Guillaume Icher, estime cette solution "totalement inadéquate dans une époque ou l'égalité des chances est une des valeurs phares des études de santé".

Le ministère opposé au tirage au sort

Face à une telle bronca, le rectorat a assuré qu'il n'y aurait "pas de tirage au sort": "tous les bacheliers d'Ile-de-France pourront suivre les études de leur choix", assure-t-on. De son côté, le secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur se dit fermement opposé à une telle mesure: 

"Je ferai tout pour que le tirage au sort pour accéder en première année de médecine n’existe jamais: il n’y a pas plus stupide comme moyen de sélection surtout pour accéder à des filières très sélectives", a-t-il déclaré à Libération.
Paul Aveline