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En Corse, des voix s'élèvent contre la mafia locale 

Sous fond de rackets et d'exactions, une partie de la société corse a décidé d'agir contre l'organisation criminelle.

Depuis l'assassinat le 12 septembre dernier sur une plage de Cargèse, en Corse, de Maxime Susini, un militant nationaliste tué dans sa paillote, l'émotion est grande sur l'Île de beauté.

La semaine passée, près de 800 personnes étaient réunies dans l'amphithéâtre Landry de l'université de Corse à Corte, afin de lui rendre un dernier hommage. Interrogé par BFMTV, son oncle Jean-Toussaint Plasenzotti participait à cet hommage. Pour lui, les coupables sont évidents: il s'agit de la mafia locale. 

"Maxime a très clairement montré qu’il s’opposait à ces pratiques, ils savaient qu’avec lui à Cargèse, ce serait difficile de s’approprier le territoire. Ils l’ont assassiné pour cette raison", explique ce dernier. 

"Incapacité de l'Etat"

Alors, afin de tenter de faire bouger les lignes, une trentaine de personnalités locales ont décidé de rompre le silence, dénonçant publiquement les procédés de la mafia locale.

"Que ce soit le secteur du tourisme, celui du bâtiment, les chantiers sont régulièrement visés, il n’y a aucun secteur qui échappe à ce type d’actes. Il y a une incapacité de l’Etat en terme de résultats à trouver les coupables", assure Marie-France Giovannangeli, une commerçante insulaire.

Dans le quotidien Corse-Matin, l'oncle de la victime a également affirmé vouloir mettre en place un collectif anti-mafia à Cargèse, lieu de l'assassinat. Pour lui, la lutte contre les rackets et les exactions qui se multiplient dernièrement passe par l'unité.

"Si on peut faire quelque chose, c'est aujourd'hui, la mafia n'est pas si forte! La réponse nous l'aurons tous ensemble et c'est tous ensemble que nous la ferons reculer", assure-t-il. 

Omerta? 

Du côté des pouvoirs publics, on assure tout faire pour endiguer la criminalité. Sur BFMTV, Franck Rastoul, procureur général de la cour d’appel de Bastia, estime cependant qu'il est difficile de "travailler sur la criminalité organisée et sur les règlements de compte" qui sont, par définition, "des milieux opaques, hermétiques."

De fait, la justice se heurte également à une certaine forme d'omerta. "On a aussi besoin que toute la société concoure à ce qu’on appelle l’œuvre de justice. C’est pour cela que le recueil des témoignages, qui peut-être complexe à cause d’un phénomène de crainte que l’on peut entendre", précise ce dernier.

Dans les jours à venir, une session extraordinaire de l'Assemblée de Corse devrait également aborder le sujet. 

Hugo Septier