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Elisabeth Badinter plaide pour le boycott des marques qui se lancent dans la mode islamique

La philosophe Elisabeth Badinter, le 1er juin 2015 à Tomblaine, en Meurthe-et-Moselle.

La philosophe Elisabeth Badinter, le 1er juin 2015 à Tomblaine, en Meurthe-et-Moselle. - AFP

Dans une interview accordée au Monde, la philosophe Elisabeth Badinter apporte son soutien à Laurence Rossignol. La ministre des Droits des femmes a fait polémique en attaquant les marques qui se lancent dans le prêt-à-porter islamique, et en comparant les femmes qui choisissent de porter le voile aux "nègres qui étaient pour l'esclavage".

"Je pense que les femmes doivent appeler au boycott de ces enseignes". Dans un entretien accordé au journal Le Monde, Elisabeth Badinter a pris la défense de Laurence Rossignol, sous le feu des critiques après s'être dite "choquée" par les pratiques de certaines marques de prêt-à-porter, qui lancent des articles de mode islamique.

La ministre des Droits des femmes avait qualifié mercredi d'"irresponsables" les marques et enseignes qui développent des collections incluant le "burkini" (maillot de bain intégral) ou le hijab (foulard encadrant le visage sans le dissimuler), jugeant qu'elles font la promotion de l'enfermement du corps des femmes". L'enseigne suédoise H&M avait ouvert la voie il y a six mois, avec une campagne publicitaire montrant une femme voilée, suivie par Marks&Spencer, Uniqlo et la marque de luxe Dolce et Gabbana. 

"Etre traité d'islamophobe est un opprobre"

Comparant les femmes qui choisissent de porter le voile aux "nègres qui étaient pour l'esclavage" sur RMC mercredi, la ministre des Droits des femmes a suscité une vive polémique.

"La ministre a eu un mot malheureux en parlant de "nègres", mais elle a parfaitement raison sur le fond", a rebondi ce samedi Elisabeth Badinter.

"Seule la loi peut protéger celles qui portent [le voile] sous cette pression [islamique]. Or lorsqu'on les soutient, on est considéré comme islamophobe", regrette encore la philosophe, qui estime que les Français sont "tétanisés par l’accusation d’islamophobie".

"Etre traité d’islamophobe est un opprobre, une arme que les islamo-gauchistes ont offerte aux extrémistes", ajoute-t-elle. 

Pétition appelant au départ de Laurence Rossignol

Après la sortie de Laurence Rossignol, de de nombreux internautes ont lancé le hashtag "#RossignolDemission" pour demander le départ de la ministre, qui a réagi dans la journée, sans rien enlever au fond de son propos. Une pétition lancée en ligne a déjà recueilli plus de 30.000 signatures.

Avant Elisabeth Badinter, la Coordination française pour le lobby européen des femmes et la présidente du Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes, Danielle Bousquet, ont apporté leur soutien à Laurence Rossignol.

C. P.