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Elevage: une vidéo choc d'abattage de poussins va faire changer les règles

Après une vidéo choc montrant le sort réservé aux poussins dans un couvoir du Finistère, la DGAL a décidé de revoir les conditions de mise à mort des animaux. (Photo d'illustration)

Après une vidéo choc montrant le sort réservé aux poussins dans un couvoir du Finistère, la DGAL a décidé de revoir les conditions de mise à mort des animaux. (Photo d'illustration) - Kirill Kudryavtsev - AFP

L'association L214, qui se bat pour la cause animale, a publié une vidéo dans laquelle des poussins vivants sont broyés avant d'être jetés comme des déchets. Face à l'émotion suscitée par ces images, le ministère de l'Agriculture a décidé de réagir.

C’est une séquence qui peut difficilement laisser de marbre. Deux jours après la mise en ligne d’une vidéo choc par l'association L214, tournée dans un couvoir du Finistère et dans laquelle plusieurs poussins sont broyés vivants avant d’être jetés comme de vulgaires déchets, la Direction générale de l'alimentation (DGAL) a décidé, ce vendredi, de remettre à plat les normes du bien-être animal.

"Le ministre va lancer une nouvelle stratégie en matière de bien-être animal, ambitieuse (... ) et il est prévu de revoir tous les dispositifs de mise à mort sur toutes les filières", selon Jean-Luc Angot, directeur général adjoint de la DGAL.

Faire évoluer "la mise à mort des animaux"

Il s'agira plus particulièrement de faire évoluer les pratiques de "mise à mort des animaux en dehors des abattoirs" et "la question de la mise à mort des poussins dans les couvoirs, ainsi que ses alternatives, y sera traitée", complète le ministère.

Ce travail, mené en collaboration avec les éleveurs, va commencer fin 2014 et pourra conduire à "faire évoluer éventuellement la réglementation européenne en la matière", a-t-il ajouté. "Ce sont des choses qui évoluent en fonction de l'évolution technologique et de la sensibilité du grand public", a poursuivi Jean-Luc Angot.

Des élevages de plus en plus scrutés par les consommateurs 

Les consommateurs sont de plus en plus attentifs aux conditions d'élevage des animaux face aux campagnes de dénonciation menées par certaines associations, ou aux plaidoyers pour les animaux lancés par des intellectuels, comme le récent livre du moine bouddhiste Matthieu Ricard "Plaidoyer pour les animaux".

Des poussins vivants enfermés dans des sacs poubelles

Mercredi, l'association de défense des animaux L214, qui prône la fin de l'élevage industriel, a publié sur son site une vidéo dénonçant les conditions de vie et de mort de poussins dans un couvoir du Finistère.

Sur cette vidéo, un employé montre, en caméra cachée, des poussins jetés vivants dans une benne à ordure et agonisants. Des poussins vivants sont également mis dans des sacs poubelle, en contradiction avec les normes imposées pour la mise à mort des poussins. On voit enfin des images de la broyeuse de poussins.

Pour l'élevage de poules pondeuses, les couvoirs conservent les poussins femelles et tuent les mâles en les broyant vivants ou en les gazant, comme l'impose la réglementation européenne.

"Les mâles ne peuvent pas servir pour la production de poulets de chair car ce n'est pas la même souche", explique Brigitte Gothière, porte-parole de l'association qui dit avoir porté plainte contre cet établissement.

Un broyage pourtant autorisé

L'association L214 s'insurge par ailleurs contre cette pratique autorisée du broyage des poussins et a lancé une pétition pour la faire interdire. Interrogée sur ce couvoir, la DGAL indique qu'une inspection "récente" menée par la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) du Finistère a relevé "un certain nombre d'irrégularités" dans la conduite de l'élevage.

En est ressortie une demande de mise en conformité mais "elle n'a pas relevé d'éléments suffisants pour retirer l'agrément sanitaire du couvoir", explique Jean-Luc Angot.

Une nouvelle inspection à venir

A la suite de la publication de cette vidéo, une nouvelle inspection y sera menée, avec l'appui de la brigade nationale des vétérinaires.

"Si la technique du broyage est autorisée par la réglementation communautaire, elle doit entraîner une mort immédiate des poussins" et "si les images de mise à mort diffusées (agonie de poussins encore vivants sur des cartons, poussins étouffés ou écrasés aux genoux dans des sacs poubelle, étourdissement de poussins à la main "en lasso", etc.), si elles étaient confirmées, seraient en effet inacceptables", complète le ministère.

De son côté, le couvoir a pour l'instant refusé de réagir et de confirmer que la vidéo avait bien été tournée en ses murs.

Jé. M. avec AFP