BFMTV
Education

Violences à l'école: un arsenal de mesures attendues vendredi

Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer à l'Elysée, le 24 octobre 2018

Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer à l'Elysée, le 24 octobre 2018 - Eric FEFERBERG, AFP

Le gouvernement doit annoncer ce vendredi, "un plan d'actions ambitieux" pour lutter contre les violences à l'école. Le ministre de l'Education nationale souhaite notamment une présence accrue des forces de l'ordre aux abords des établissements scolaires.

Emmanuel Macron avait demandé des "mesures" après le braquage d'une professeure par un élève: les ministres de l'Education et de l'Intérieur présentent vendredi un plan qui devrait notamment prévoir plus de policiers aux abords des établissements.

Accompagnés de la ministre de la Justice Nicole Belloubet, Jean-Michel Blanquer et Christophe Castaner doivent présenter "un plan d'actions ambitieux". Dans un entretien jeudi à l'AFP, Jean-Michel Blanquer a expliqué qu'il souhaitait notamment un renforcement de la présence des forces de l'ordre aux abords des établissements, former du personnel de l'Education aux questions de sécurité à l'intérieur des écoles, et évaluer le "climat scolaire".

Les violences scolaire envers le personnel du secondaire
Les violences scolaire envers le personnel du secondaire © Selim CHTAYTI, AFP

Les violences verbales, incidents les plus courants

Le ministre de l'Education a aussi assuré que le nombre de signalements et de conseils de discipline ne devaient pas être un critère de jugement des établissements. "Sinon, c'est une incitation à mettre les problèmes sous le tapis."

Selon la dernière enquêtes de l'agence des statistiques du ministère, les violences verbales sont les incidents les plus courants (plus de huit faits graves sur dix commis par des élèves envers le personnel). Commises avant tout par des garçons, elles se produisent surtout en salle de classe et donnent lieu à une exclusion, temporaire ou définitive, dans plus de 90% des cas.

Pour venir en aide aux établissements, les ministres devraient annoncer le renforcement d'"équipes mobiles de sécurité", un dispositif créé à Créteil en 2009 par Jean-Michel Blanquer, alors recteur de l'académie. L'équipe de Créteil, qui est la plus importante, compte aujourd'hui 70 personnes.

Ces personnels de l'Education nationale, qui reçoivent une formation en matière de sécurité, sont chargés d'accompagner les établissements en cas de fortes tensions, ou d'améliorer la prise en charge des élèves aux conduites problématiques.

Capture d'écran d'une vidéo AFPTV montrant le lycée Edouard-Branly, où un élève a été filmé menaçant sa professeur avec une arme factice, le 18 octobre 2018
Capture d'écran d'une vidéo AFPTV montrant le lycée Edouard-Branly, où un élève a été filmé menaçant sa professeur avec une arme factice, le 18 octobre 2018 © Aurore MESENGE, Lise BOLLOT, AFP/Archives

Faire face à des "phénomènes que l'école importe de l'extérieur"

Des mesures pour faire face aux violences liées à la présence de bandes aux abords des établissements sont aussi attendues. Depuis la rentrée, les signalements de cette nature se sont accrus, selon le ministre de l'Education.

Christophe Castaner a de son côté souhaité jeudi "une remise à plat du plan d'action" contre les bandes, avec notamment l'instauration de "référents dans chaque commissariat" et une "cartographie" de ces groupes "cage d'escalier par cage d'escalier".

Le gouvernement travaille à une plus grande coopération entre la police, la justice et l'Education nationale, pour faire face à ces "phénomènes que l'école importe de l'extérieur", selon Jean-Michel Blanquer: "rixes entre gangs" mais aussi "trafic de drogue, fondamentalisme islamiste".

G.D. avec AFP