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Un mission sur la réforme du bac envisage la suppression des filières S, L et ES

Des élèves de terminale découvrent les résultats du baccalauréat devant un lycée parisien, le 5 juillet 2017

Des élèves de terminale découvrent les résultats du baccalauréat devant un lycée parisien, le 5 juillet 2017 - THOMAS SAMSON / AFP

A compter du 13 novembre, une mission conduira des auditions en vue d'une réforme du lycée et du baccalauréat qui pourrait être mise en oeuvre dès 2021. Parmi les pistes envisagées, on trouve la suppression des filières littéraire, scientifique et économique et sociale.

Les filières littéraire, scientifique et économique et social structurent le lycée général français depuis des lustres mais elles pourraient bien ne pas être éternelles. Comme le note ici Le Figaro étudiant, une mission mise en place lundi dernier et dirigée par l'ancien directeur de Sciences Po Lille, Pierre Mathiot, y pense dans le cadre de la réforme du bac qu'elle est chargée de mettre en forme. D'après les mots de Pierre Mathiot, cette suppression des filières actuelles pourrait laisser la place à des "intitulés plus précis", appuyés sur trois ans d'un parcours lycéen de "relative individualisation". 

"Tout va se jouer sur la façon dont la réforme est faite"

Par ailleurs, l'examen pourrait être ramené à quatre épreuves obligatoires et le contrôle continu prendrait une place plus importante. La notation aussi est dans le viseur: "un 18 doit redevenir un 18", a ainsi lâché Pierre Mathiot. Ces différentes hypothèses ne sont pas sans rappeler le lycée allemand et son examen final: l'Abitur. Jean-Rémi Girard, vice-président du syndicat national des lycées et collèges (Snalc), approuve l'ensemble des mesures envisagées.

"Tout va se jouer sur la façon dont la réforme est faite et sur ce qu'on va mettre à la place", tempère-t-il auprès de BFMTV.com. Mais il observe que certains des points soulevés vont dans le sens des propositions de son organisation. "Depuis 2014, nous avons élaboré au Snalc un projet de réforme qui comporte notamment la suppression des filières L, S et ES", dit-il avant d'expliquer ses griefs à leur encontre:

"Elles ne fonctionnent pas. La filière S est surreprésentée, avec 60% des élèves du lycée général. C'est en fait une filière qui n'est pas si scientifique que ça, une filière générale dans le général. La filière ES a réussi à se faire une petite place, avec 30% des élèves du général mais c'est parfois une voie suivie par défaut, et quant à la filière L, on nous avait promis une revalorisation et on l'attend toujours!"

Des pistes qui ne font pas envie à tout le monde 

En lieu et place, il plaide pour un système articulé entre des matières "majeures" et "mineures" que les lycéens choisiraient dès la seconde: "Il serait beaucoup plus intéressant d'avoir un système avec plus de diversité et un parcours plus flexible. Après tout on peut être littéraire et scientifique, ou vouloir étudier l'économie, ce n'est pas interdit!" pose Jean-Rémi Girard. 

Mais tous n'ont pas envie de s'engager sur les sentiers pressentis. Ainsi, Claire Guéville, qui est responsable des questions relatives au lycées au sein du syndicat national des enseignements de second degré déplore, auprès du Figaro, entre autres la réforme entrevue car elle estime que "le contrôle continu n’est pas acceptable sans épreuves terminales" celles-ci élaborant "un horizon commun qui contraint le programme". 

Mais rien n'est encore fait. Ce n'est qu'à partir du 13 novembre que Pierre Mathiot et sa commission commenceront à mener des auditions, rendant aussi visite aux académies. Mais les choses ne doivent pas trop traîner pour le ministère de l'Education nationale: un rapport est attendu dès janvier prochain et cette nouvelle formule du lycée doit se faire progressivement au cours des trois prochaines années, tandis que ce nouveau baccalauréat pourrait entrer en vigueur pour 2021. 

Robin Verner