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Résultats scolaires dans la moyenne mais niveau record d'anxiété pour les élèves français

Apprentissage de l'informatique. (Photo d'illustration)

Apprentissage de l'informatique. (Photo d'illustration) - Pierre Andrieu - AFP

Une enquête du Conseil d'analyse économique met en lumière le malaise des élèves français: anxiété et absence de confiance en soi qui, de surcroît, continuent à produire leurs effets à l'âge adulte.

Déterminisme social, clivage entre l'élite et une large cohorte d'élèves en difficulté, sortie sans diplôme pour 100.000 jeunes: la Note du Conseil d'analyse économique de ce mois d'octobre n'est pas flatteuse pour le système scolaire français. En marge d'une école de la République qui ne permettrait plus aux plus méritants ou doués de prendre l'ascenseur social, le malaise des élèves y est souligné. En préalable, il est noté que l'effort budgétaire français en faveur de l'éducation est supérieur à la moyenne des pays de l'OCDE, soit 5,3% du PIB contre une moyenne de 4,9% dans les pays européens. Le problème est ailleurs.

Un "moindre investissement dans les méthodes pédagogiques est à rapprocher du retard français en matière de compétences comportementales telles que la confiance en ses propres capacités, l’estime de soi, l’anxiété, et la persévérance, et en matière de compétences sociales telles que la coopération, le respect ou la tolérance."

D'où, selon les auteurs de la note, le fait que les "élèvent français figurent parmi ceux qui ont le moins confiance en leurs propres capacités, sont les plus anxieux et présentent une forme de défiance envers le système scolaire". 

La France loin derrière l'Allemagne et les Etats-Unis

Ces difficultés socio-comportementales apparaissent très nettement chez les élèves français puis, assez logiquement, chez les adultes. Par rapport à l'Allemagne et surtout aux Etats-Unis. Dans les données PISA (l'évaluation internationale des élèves réalisée par l'OCDE), la France est championne de l'anxiété et très handicapée pour ce qui concerne la persévérance des élèves.

L'appréciation de leurs capacités en mathématiques est particulièrement éloquente. Ainsi, quand bien même les élèves français ont des résultats dans la moyenne des autres pays de l'OCDE, leur perception est tout autre. Cette défiance, cette dénégation de ses propres capacités se traduit plus tard par la reconduction d'un déficit de confiance en soi et une nette absence d'optimisme.

"Pour certains pays comme la France, les adultes comme les enfants considèrent avoir peu de maîtrise sur les événements qui leur arrivent", consigne la note. Surtout, font remarquer les auteurs, ces difficultés récurrentes hypothèquent les résultats scolaires et plus tard la réussite professionnelle. 

David Namias