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Grève: des étudiants de l'université Paris V-Descartes demandent un nouveau report des examens

La grève des transports rend l'équation difficile à équilibrer pour certains étudiants parisiens à l'aube de leurs partiels. Des étudiants de la fac de droit, économie et gestion de l'université Paris V-Descartes, contestent ainsi la décision de la direction de l'établissement de maintenir les examens ce lundi, plutôt que les reporter une seconde fois.

Le duel entre le gouvernement et les opposants à son projet de réforme des retraites entre dans son deuxième mois. Les transports franciliens apparaissent comme l'un des secteurs où les effets du conflit social sont les plus marqués. Et pour certains étudiants, la galère des transports génère une galère universitaire en cette période de partiels.

Le mot du doyen 

Ceux de la faculté de la fac de droit, économie et gestion de Paris V-Descartes, sise à Malakoff dans la petite couronne parisienne, protestent ainsi contre le maintien de leurs épreuves à la date de ce lundi 6 janvier, après un premier report décalant ces examens à l'origine fixés dans le courant du mois de décembre. Annonçant ce maintien dans un mail aux étudiants, le doyen de la faculté, Philippe Didier, faisait ainsi valoir:

"Ce mouvement de grève a conduit la faculté à reporter les examens initialement prévus en décembre et à les reprogrammer en janvier. Cela s’est fait au prix d’efforts supplémentaires demandés aux agents et aux enseignants et avec une optimisation de gestion des salles qui laisse peu de place à la souplesse."

Il ajoutait plus tard: "Ni l’Université de Paris, ni la faculté de sciences humaines n’ont pris de dispositions générales concernant un éventuel nouveau report des examens. Dans ces conditions, et même si la situation des transports n’est pas revenue à la normale, les examens prévus à partir de lundi prochain 6 janvier sont maintenus selon le calendrier communiqué en décembre."

Le doyen arguait de la réouverture de la ligne 13 du métro, desservant l'institution - admettant cependant que son trafic était toujours "très perturbé" - et de l'amélioration de la circulation des bus en direction de cette antenne de l'université. Problème: si la ligne 13 relie bien Saint-Denis à Châtillon en passant par Malakoff, ses rames ne dépassent pas la gare Saint-Lazare pendant ce mouvement de grève. Et cette station est située très en amont de la fac.

"Chanceux ou éreintés"

Pour certains participants aux partiels, les bus ne fournissent pas une réponse suffisante. "Il a été porté à la connaissance de l’administration un sondage, prouvant clairement le nombre très important d’étudiants étant dans l’impossibilité de venir à la faculté. Nous parlons bien d’une faculté située à Malakoff, accessible uniquement via la ligne 13, au trafic éminemment perturbé, et deux bus, et deux bus. Deux bus! Pour des milliers d’étudiants?" souligne une étudiante dans un message adressé au doyen que nous avons obtenu.

"Lundi 6 janvier, des étudiants vont être déclarés défaillants, alors qu’ils auront travaillé comme tous les autres, pour la simple et infecte raison que l’accès à la faculté leur sera impossible. Ceux qui pourront y aller seront géographiquement chanceux, ou éreintés par le trajet, ce qui affectera les notes, qui sont elles-mêmes irrattrapables si on en croit votre nouveau système", note-t-elle encore.

Adaptations 

Dans une lettre ouverte, une autre étudiante pose notamment la question du calendrier suivi: "La moindre des choses aurait été de nous tenir informés afin que nous ayons tous le temps de trouver une solution. Ce que vous proposez est invraisemblable et offusquant, d’autant que comme vous, notre seule hâte est d’en avoir terminé avec ce semestre."

Devant la poursuite de la grève, d'autres institutions estudiantines parisiennes ont fait d'autres choix. Après que les partiels y ont été repoussés au 13 janvier, le président de l'université Sorbonne-Paris I, Georges Haddad, a ainsi assuré devant nos caméras que l'emploi du temps était également adapté:

"Les examens commenceront à 10h du matin pour permettre aux étudiants d’arriver malgré la grève des transports et les examens se finiront, chaque jour, vers 18h30 maximum, leur permettant de rentrer chez eux dans de bonnes conditions."
Robin Verner