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Covid-19: faut-il rallonger les vacances scolaires de février?

Le calendrier des prochaines vacances scolaires pourrait être adapté afin de réduire la circulation du virus en France. Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, propose deux options.

Les vacances scolaires de février seront-elles maintenues aux dates prévues ou rallongées? Il s'agit de l'une des nombreuses questions à laquelle devra répondre le Conseil de défense qui se réunit, mercredi, alors que les variants du Covid-19 font craindre une aggravation de la situation sanitaire en France dans les prochaines semaines.

Blanquer reste prudent

Si Jean-Michel Blanquer a affirmé la semaine dernière, sur RTL, que les vacances avaient "vocation à être aux dates prévues" et que, comme à l'accoutumée, elles "dureront deux semaines", il s'est également montré prudent. Le ministre de l'Éducation nationale a, en effet, ajouté que cela "peut encore évoluer en fonction de la situation".

Pour l'instant, la propagation du coronavirus dans les écoles demeure "sur une sorte de plateau", a-t-il rapporté, avant d'assurer qu'il peut y avoir de la contamination, mais qu'elle reste "limitée par rapport à la situation générale".

Selon le dernier point publié par le ministère de l'Éducation vendredi, 371 classes sont actuellement fermées sur un total de 528.400 et 10.003 élèves ont été testés positifs dans les sept derniers jours sur plus de 12,4 millions.

Deux propositions du Conseil scientifique

Face à l'évolution de l'épidémie, Jean-François Delfraissy a préconisé, dimanche sur notre plateau, d'"adapter les vacances scolaires". Le président du Conseil scientifique propose soit de les allonger d'une semaine, soit de les regrouper. Cela permettra, en parallèle d'un éventuel confinement, de réduire la présence à l'école et de "se retrouver début mars dans de meilleures conditions pour rouvrir les écoles et surtout les surveiller", a-t-il précisé.

La France est divisée en trois zones avec des calendriers différents pour les congés d'hiver:

  • la zone A (académies de Besançon, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, Limoges, Lyon, Poitiers) doit être en vacances du 6 au 22 février
  • la zone B (académies d'Aix-Marseille, Amiens, Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice, Normandie, Orléans-Tours, Reims, Rennes, Strasbourg) doit être en vacances du 20 février au 8 mars
  • la zone C (académies de Créteil, Montpellier, Paris, Toulouse, Versailles) doit être en vacances du 13 février au 1er mars.
Le calendrier actuel des vacances scolaires d'hiver.
Le calendrier actuel des vacances scolaires d'hiver. © BFMTV

Allonger ou regrouper les vacances

Scénario 1 prôné par Jean-François Delfraissy, prolonger les vacances. Si elles sont effectivement allongées d'une semaine, elles se termineraient le 1er mars pour la zone A, le 8 mars pour la zone C et le 15 mars pour la zone B.

Vacances allongées d'une semaine
Vacances allongées d'une semaine © BFMTV

Scénario 2 prôné par Jean-François Delfraissy, regrouper les vacances. Si le gouvernement choisissait cette option, elles s'étaleraient sur quatre semaines pour les trois zones, soit du 6 février au 8 mars.

Vacances regroupées.
Vacances regroupées. © BFMTV

"La question de l'école est centrale"

Si une adaptation des vacances scolaires peut permettre de réduire les interactions sociales, et donc la circulation du virus, elle pose tout de même des questions d'organisation autant pour les établissements scolaires que pour les parents.

Rodrigo Arenas, co-président de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE), interrogé ce lundi sur BFMTV, ne ferme pas la porte à cette option, assurant qu'il faut "envisager toutes les situations".

"Nous payons aujourd'hui l'incapacité à réfléchir autrement. (...) Il faut repenser le calendrier scolaire, les attendus en direction des élèves et se mettre au service de ceux qui sont les plus fragiles. La question de l'école est centrale parce qu'il s'agit d'un lieu de brassage, d'un lieu de contaminations. L'école est un lieu social et à ce titre-là elle ne peut pas être exclue d'une réflexion plus globale sur comment on lutte contre le Covid-19."

La présence des variants en France rend, selon lui, la situation incertaine et appelle à être dans l'anticipation. "La précaution est de mise par rapport à une épidémie que nous ne contrôlons pas et des données scientifiques qui sont encore à l'étude", a-t-il ajouté.

Bruno Bobkiewicz, secrétaire national du Syndicat National des Personnels de Direction de l'Éducation Nationale (SNPDEN), souligne également sur notre antenne qu'un changement dans le calendrier des vacances scolaires "ne peut pas se faire dans la précipitation". "Il nous faut du temps pour nous organiser. (...) Il faut qu'on puisse y travailler", a-t-il plaidé.

Clément Boutin Journaliste BFMTV