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Comment interdire le portable à l'école?

Le ministère de l'Education a confirmé que les téléphones portables seraient interdits dans les écoles et collèges à partir de la rentrée prochaine. Mais comment faire respecter cette mesure par les élèves?

Jean-Michel Blanquer l'a confirmé ce dimanche: le téléphone portable sera interdit à l'école primaire et au collège, du CP à la 3ème, à compter de la rentrée prochaine. Le ministre de l'Education nationale a précisé dans la foulée que les modalités de cette interdiction sont en cours d'élaboration. Car dans les faits, interdire les téléphones dans les enceintes des écoles et collèges pourrait s'avérer bien plus complexe qu'il n'y paraît.

Une législation claire

Le code de l'éducation interdit déjà l'utilisation des téléphones dans les salles de classe. Ce sont donc les couloirs des établissements, la cour de récréation, et la cantine qui sont ici concernés par l'annonce de Jean-Michel Blanquer.

"Il faudra très certainement que le gouvernement légifère car aujourd'hui, la jurisprudence du Conseil d'Etat est toujours la même. Elle annule des dispositions de règlement intérieur d'établissement public qui portent atteinte à une liberté individuelle", rappelle Michel Richard, du syndicat des personnels de direction de l'éducation. "Or communiquer est considéré par le Conseil d'Etat comme une liberté individuelle."

Casse-tête

Lorsqu'il s'agit de définir la façon dont il compte s'y prendre, le ministre de l'Education nationale ne rentre pas dans les détails techniques. Mais en septembre dernier; il avait déjà évoqué une piste d'étude: les casiers fermés, dans lesquels les élèves pourront déposer leur téléphone. Ainsi, ils pourraient y avoir accès accès en cas d’urgence, ou pour des usages pédagogiques. 

"Dans les établissements en général il n'y a plus du tout de casier, ou il y a en a peut-être pour les demi-pensionnaires, mais pas pour l'intégralité des élèves", fait valoir Valérie Sipahimalani, du syndicat national des enseignants du second degré, le SNES.

"S'il s'agit de fouiller les élèves, ce qu'on ne peut pas sûr, mais si on changeait des mesures à l'entrée des collèges, ça prendrait un temps fou! Comment voulez-vous fouiller 200, 300, voire 400 élèves qui se présentent à la même heure, le matin, pour démarrer les cours?", interroge-t-elle. 

Si les contours des modalités restent encore très flous, Jean-Michel Blanquer précise toutefois que la mesure entrera en vigueur très la rentrée 2018.

A.S. avec Anne-Sophie Warmont