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Classes prépa payantes : vraie ou fausse bonne idée ?

Lycée Henri IV à Paris

Lycée Henri IV à Paris - -

La ministre de l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso n’exclut pas d'instaurer à terme une "double inscription" prépa/université.

Parmi les grands chantiers de l’Enseignement supérieur, une piste pourrait faire son chemin : la réforme des classes prépas. Le dossier serait à l'étude au ministère de l'Enseignement supérieur de Geneviève Fioraso, révèle mardi Le Monde.

Rappelons qu'aujourd'hui, un étudiant en classe prépa ne paye aucun droit d'inscription, puisque les classes sont installées dans des lycées publics. 

La nouveauté : 181 euros d'inscription

Avec la réforme, "on demanderait aux étudiants qui s'inscrivent en prépas de s'inscrire également à l'université. Ils paieraient ainsi les droits d'inscription à l'université", a expliqué Geneviève Fioraso à Europe 1.

En d’autres termes, l’élève en prépa devra s’acquitter de 181 euros par an, montant qui correspond à une inscription en licence, même s'il ne met pas les pieds à la fac.

Cette mesure existe déjà pour les élèves en hypokhâgne : "Pour les correspondances de cursus, nous demandons à tous nos élèves en prépa littéraire de s’inscrire à l’université, c’est plus que conseillé" explique ainsi la responsable des classes préparatoires au lycée Condorcet à Paris.

Pourquoi cette réforme ?

D’après les chiffres du ministère de l’Enseignement supérieur, sur 80.411 inscrits en C.P.G.E pour l’année 2011-12, un peu plus de la moitié des élèves sont issus de milieux socio-professionnels aisés (cadres et professions intellectuelles supérieures) contre environ 30% en université.

Or, non seulement, la plupart des étudiants en C.P.G.E sont exonérés de droits d’inscription, mais ils sont aussi quasiment assurés de trouver à la sortie de leur école un emploi qui promet d’être lucratif, puisqu’ils sont formés pour devenir "les élites du pays".

Jusqu'à 13 millions d'économies

D'autre part, la formation aux grandes écoles est celle qui revient le plus cher à l’Etat : 15.240 pour un élève de prépa, contre 10.180 pour un étudiant en université ou IUT.

Dans un contexte de crise, la perspective de demander, au nom de la "justice sociale", les 181 euros par étudiant en C.P.G.E est alléchante. Et éthiquement pas dérangeante. La double inscription pourrait rapporter à l’Etat entre 9 et 13 millions. Cette mesure ne devrait pas concerner les étudiants boursiers.

Pour le sociologue Eric Morin, interrogé par Le Monde, "ce serait une mesure logique (…) [qui] rétablirait un peu d’égalité républicaine".