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Blanquer envoie une équipe d'urgence dans un lycée de Toulouse paralysé par la violence

Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, le 16 janvier 2018 à l'Assemblée nationale à Paris.

Le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, le 16 janvier 2018 à l'Assemblée nationale à Paris. - Eric Feferberg - AFP

Le ministre de l'Education nationale a annoncé avoir envoyé un "personnel de direction expérimenté" au lycée Gallieni de Toulouse, où élèves et professeurs se disent victimes depuis plusieurs mois de lycéens particulièrement violents.

C'est un tableau bien sombre que L'Express dresse cette semaine du lycée professionnel et technologique Gallieni, à Toulouse. Insultes, agressions physiques, départs de feu, menaces de mort, trafic de drogues… Depuis plusieurs mois, élèves et professeurs affirment être constamment sous le menace de plusieurs dizaines de lycéens violents.

Des faits également cités dans un rapport interne du Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail académique (CHSCTA), que l'hebdomadaire a pu consulter: "élèves en possession d'armes", "95% des personnes interrogées disant avoir subi des violences", "une agression d'un fils sur sa mère en fin de réunion parents-profs", et notamment 60 à 80 élèves en suivi judiciaire.

Un "personnel de direction expérimenté" sur le terrain

Ce mercredi matin sur Europe 1, Jean-Michel Blanquer a concédé un "cas extrême", décrivant le lycée comme un "établissement qui va très mal".

"J'ai entendu ce SOS dès le début du mois de janvier, c'est pourquoi j'ai envoyé une équipe d'inspecteurs généraux pour voir ce qu'il en est. J'ai le rapport depuis avant-hier", a expliqué le ministre de l'Education nationale. "J'ai été profondément scandalisé de ce que j'ai lu. C'est une situation complètement inacceptable et elle va évidemment changer", a-t-il assuré.

Si le ministre ne prévoit pas nécessairement un changement de direction de l'établissement pour le moment, il a annoncé avoir envoyé une équipe spécialisée sur place pour résoudre la situation.

"Dès aujourd'hui vous allez avoir un personnel de direction expérimenté sur le terrain, qui a connu des situations de ce type, à qui je vais donner toute ma confiance pour rétablir la situation", a développé le ministre, qui veut "mettre la force du côté du droit".

"Il y a eu du laxisme"

Jean-Michel Blanquer n'a d'ailleurs pas hésité à pointer du "laxisme" dans la hiérarchie du lycée.

"Plusieurs dizaines de personnes (ont) fait la loi. On n'a pas assez imposé les règles qu'on devait imposer au cours des précédentes années et des précédents mois. (...) J'interroge l'ensemble de la chaîne hiérarchique sur ce qui s'est passé, c'est quelque chose d'inacceptable, il y a eu du laxisme", a-t-il martelé.

"Pour l'instant, les seules annonces qu'on a, c'est le changement de direction, ce n'est pas ce qu'on demandait", a réagi un des professeurs de l'établissement au micro de RTL ce mercredi. "Nous, on demande des moyens supplémentaires. On est catastrophés", a-t-il déclaré.

Le ministre de l'Education nationale affirme quant à lui, compte tenu de la "minorité" d'éléments perturbateurs, que ce n'est "pas un problème de moyens" mais un "enjeu humain". 

Liv Audigane