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3-6-9-12: une campagne contre la surexposition des enfants aux écrans

Une campagne est lancée ce lundi pour le bon usage des écrans auprès des enfants

Une campagne est lancée ce lundi pour le bon usage des écrans auprès des enfants - BFMTV

Difficultés d'apprentissage, retards de langage, troubles du sommeil, surpoids: la surexposition des enfants aux écrans est régulièrement mise en cause par les scientifiques. La campagne 3-6-9-12 est lancée ce lundi afin de limiter les excès chez les plus jeunes.

Une campagne de prévention pour le bon usage des écrans auprès des enfants est lancée ce lundi alors que les tablettes, smartphones et consoles de jeux sont devenus l'une des principales activités des enfants et des adolescents.

Les alertes des scientifiques et professionnels se succèdent pour mettre en garde contre l'excès d'écrans. Surpoids, troubles du sommeil, myopie, résultats scolaires en baisse, retard de langage, troubles de l'attention et du comportement: les écrans sont désignés comme les principaux responsables de ces maux.

"On passe notre temps à faire le gendarme"

Au sein de cette famille qui réside à Nice, dans le département des Alpes-Maritimes, la limitation des écrans est souvent la cause de tensions. Particulièrement quand les parents de Guillaume, 8 ans, et Raphaël, 12 ans, leur demandent d'arrêter de jouer avec leur console. Ils ont conscience que leurs enfants passent trop de temps devant les écrans. 

"On passe notre temps à faire le gendarme, à dire 'non, pas d'écran'. Il suffit qu'on veuille avoir la paix, ils nous demandent de jouer à la console et c'est tentant de dire 'oui'," raconte Caroline, la mère des deux garçons, pour BFMTV.

Des retards moteur et de compréhension

Des heures sur un smartphone, devant une télévision ou une tablette qui peuvent causer des retards de développement. Anne-Lise Ducanda, médecin de protection maternelle et infantile d'Évry, dans l'Essonne, rencontre de plus en plus d'enfants en difficulté. 

"Ce sont des retards moteur avec les doigts, des retards de motricité globale, comme la course, grimper. Des retards de compréhension: on a des enfants de 3-4 ans à l'école qui ne comprennent pas des consignes toutes simples", explique cette professionnelle de santé pour BFMTV.

3, 6, 9, 12 ans

Sans interdire totalement les écrans, une consommation raisonnée permet de limiter considérablement les risques.

"On va évidemment veiller à ce que les écrans gardent une juste place. Tout ça doit se faire avec des règles familiales puisque les parents ne peuvent pas dire à leurs enfants de ne pas utiliser le smartphone ou la tablette pendant le repas si eux-mêmes les utilisent", indique à BFMTV Serge Tisseron, psychiatre qui a mis au point les balises 3-6-9-12.

Quatre repères structurent ces balises, remarque-t-il sur un site consacré. "3 ans, l'entrée en maternelle; 6 ans, l'entrée en CP; 8-9 ans, l'âge où l'enfant maîtrise en principe la lecture et l'écriture; et enfin le passage au collège à 11 ans, bientôt suivi par l"adolescence."

Pour les spécialistes, la télévision est à bannir avant 3 ans, les consoles de jeux pas avant 6 ans. Quant à internet, les enfants ne devraient pas y avoir accès avant 9 ans et les réseaux sociaux ne devraient pas être autorisés avant l'âge de 12 ans.

Pas de JT avant 8 ans

Plusieurs psychologues estiment que le premier smartphone devrait être offert aux adolescents seulement à partir de l'entrée au lycée et pas avant. Quant aux écrans de manière générale, le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) estime que les enfants de moins de 3 ans ne doivent pas y être exposés.

Et jusqu'à 8 ans, "seuls les programmes jeunesse leur sont adaptés", tout en limitant la durée de visionnage. "Il peut s'agir d'animation, de films pour enfants mais aussi d'émissions éducatives ou de documentaires", précise le CSA, qui déconseille de laisser les enfants de moins de 8 ans regarder le journal télévisé.

C.H.A. avec Diane Cacciarella