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Eau du robinet: près de 3 millions de Français ont une eau polluée

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- - Illustration - Guillaume Coqueblin - Flickr

Si la qualité de l'eau est optimale presque partout en France, 2,8 millions de personnes n'ont accès qu'à une eau polluée, notamment par des pesticides, affirme une étude de l'UFC-Que-Choisir.

La majorité des Français peuvent boire sans crainte l'eau du robinet, mais 2,8 millions de personnes n'ont accès qu'à une eau polluée notamment par des pesticides, des nitrates ou du plomb, indique jeudi une étude de l'UFC-Que Choisir.

"Le constat global est très rassurant", estime l'association de consommateurs qui a analysé les réseaux desservant les 36.600 communes de France de février 2014 à août 2016, sur la base de données du ministère de la Santé : 95,6% des consommateurs bénéficient d'une eau qui "respecte haut la main la totalité des limites réglementaires, et ce tout au long de l'année".

Mais 2,8 millions de personnes, essentiellement des habitants de petites communes rurales, "reçoivent une eau non conforme", déplore-t-elle. Elle n'est pas forcément impropre à la consommation, "cela dépend de la nature de la molécule, du niveau du dépassement et de sa fréquence", a précise à l'AFP Olivier Andrault, chargé de mission à l'UFC-Que Choisir qui a dirigé l'étude.

Trois facteurs de pollution

Les pesticides seraient la première cause de non conformité. Ils contaminent l'eau de 2 millions de consommateurs, principalement ruraux, dans les régions d'agriculture intensive. Les nitrates, quant à eux, polluent l'eau de près de 200.000 consommateurs, en particulier dans le Loiret, la Seine-et-Marne, l'Yonne, l'Aube, la Marne, le Pas-de-Calais et la Somme. Enfin, des "contaminations bactériennes dues aux défauts de surveillance ou à la vétusté des installations" polluent 200.000 personnes et touchent surtout les petites communes rurales de montagne (Alpes, Massif central, Pyrénées).

L'UFC-Que Choisir alerte aussi sur la présence de "composants toxiques" dans les canalisations des logements: du plomb, du cuivre, du nickel ou du chlorure de vinyle, "relargués par des canalisations vétustes ou corrodées". Cette pollution est mal mesurée, du fait d'"un très faible nombre de prélèvements" qui "ne permettent pas de connaître l'exposition réelle des consommateurs".

Pollueur-payeur

Si l'eau du robinet est presque partout conforme aux normes, "ce n'est pas parce que l'agriculture aurait amendé ses pratiques" mais à cause d'une "coûteuse dépollution financée à 87% par les consommateurs et seulement à 6% par les agriculteurs", affirme UFC-Que Choisir

L'association réclame l'application du principe "pollueur-payeur" par une augmentation de la taxation des pesticides et des engrais azotés, "un audit national" des composants toxiques des canalisations et une aide aux particuliers pour remplacer leurs canalisations en cas de pollution au plomb.

Qualité de l'eau "au rendez-vous"

"Un Français sur cinq n'a pas confiance en l'eau du robinet et un sur deux privilégie l'eau en bouteille", a déploré le président de l'association, Alain Bazot.

Pourtant, "la qualité de l'eau est très largement au rendez-vous", a-t-il souligné. En outre, selon l'association, à 0,4 centime d'euro le litre, l'eau du robinet est 65 fois moins chère en moyenne que celle en bouteille.

G.D. avec AFP