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Dumas : « Ça commence à bien faire ! »

Elle était l'invitée des Grandes Gueules jeudi 6 août

Elle était l'invitée des Grandes Gueules jeudi 6 août - -

Très remontée contre les récentes décisions du gouvernement, Maryse Dumas, secrétaire confédérale de la CGT, revient notamment sur le scandale des banques et leurs bonus.

Visiblement excédée par les choix récents du gouvernement, la secrétaire confédérale de la CGT Maryse Dumas est revenue sur « l'ambiance actuelle » : « un jour on vous parle de la taxe carbone, le lendemain, de l'augmentation des transports pour financer les investissements du Grand Paris, le 3ème jour on vous parle d'une journée de travail gratuit... et en même temps il y a des millions de gens qui ne partent pas en vacances, qui sont inquiets du lendemain, voire qui sont immédiatement menacés de perdre leur emploi... ça commence à bien faire ! Dans le même temps, on voit que les banques, "ça va bien, merci", les traders, ça recommence, et les actionnaires, tout va bien pour eux ! »

« Le système qui nous a conduits à la crise est remis en selle »

En plein scandale sur les bonus bientôt distribués par la banque BNP Paribas à ses traders, la secrétaire confédérale de la CGT, explique, en colère : « Les traders sont ceux qui participent à la financiarisation. Je n'ai rien contre les personnes en particulier, mais j'ai quelque chose contre le système. Parce que c'est un système qui nous a conduits dans la crise. Et celui-là il est visiblement remis en selle, aussi bien dans les banques que dans un certain nombre de grandes entreprises.

Le gouvernement nous disait qu'on aurait 300 000 chômeurs de plus à la fin de l'année ; on est arrivés à ce chiffre en 6 mois ! Je ne sais pas ce que le gouvernement doit dire vendredi [ndlr, 7 août] aux banquiers, mais je crois qu'il faut sortir des mesures qui ne sont que des propos. Le gouvernement, avec les aides publiques, a une véritable arme en mains : pourquoi ne les conditionnent-ils pas ? Pourquoi n'exige-t-il pas des remboursements ?
Il y a aussi le problème de la fiscalité, des allègements de cotisations patronales... sur tous ces sujets, le gouvernement, depuis des mois, refuse tout conditionnement. C'est de l'argent qui est dépensé à puits sans fond. »

« On veut toujours faire payer les seuls salariés »

Maryse Dumas a également réagi à la proposition du député Philippe Bas qui milite pour une deuxième journée de solidarité pour financer la dépendance, les personnes âgées : « Ça commence à bien faire. On veut toujours faire payer les seuls salariés, car la journée de solidarité ne repose que sur les salariés qui ont un travail. Par contre, les revenus financiers, les revenus du patrimoine, les grandes sources d'inégalité dans notre pays, ceux qui se sont enrichis avec la crise financière et qui jettent au chômage des milliers de salariés... ceux-là sont constamment épargnés. En plus, je pense que c'est une mesure antiéconomique. Parce que Monsieur Bas n'a certainement pas vu que la France des 35 heures n'est plus tout à fait d'actualité, qu'aujourd'hui ce qui domine c'est le chômage et qu'aux dernières statistiques, la masse salariale s'est comprimée - ce qui est une nouveauté en France - du fait précisément de la crise.

Il faut trouver des solutions pour les personnes âgées, pour les personnes dépendantes, mais ailleurs. Dans de nouvelles sources de financement : obtenir une réforme des cotisations, regarder comment les revenus financiers, les grandes fortunes, les plus riches, les revenus du patrimoine, participent à la solidarité... »

La rédaction-Les Grandes Gueules