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Doubs: il agresse sa femme, menace leur fils et fait "l'éloge" de Jonathann Daval

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - AFP

Un quadragénaire a agressé mercredi soir son épouse qui voulait le quitter et menacé leur fils avec des couteaux tout en faisant "l'éloge" de Jonathann Daval qui a eu le "courage" de tuer sa femme Alexia.

Un chargé d'affaires de Besançon, sans antécédents judiciaires, se montrait depuis un certain temps violent et menaçant envers son épouse, cadre bancaire, raison pour laquelle elle avait décidé de le quitter. Mercredi soir, à leur domicile, il a tenté de "l'étrangler" avant de menacer avec deux couteaux leur fils de six ans, a indiqué le procureur de la République de Besançon Etienne Manteaux, selon lequel le quadragénaire criait "je vais le tuer, je vais le tuer!".

Arrivés sur place, les policiers ont entamé des négociations et c'est pendant ce temps-là que l'homme, "en état de surexcitation, va dire : 'au moins Jonathann Daval, il a eu le courage de tuer sa femme castratrice, ma femme (...) est castratrice'", a ajouté le procureur. Poursuivi pour meurtre sur conjoint, Jonathann Daval a reconnu avoir tué son épouse Alexia en octobre 2017 à Gray-la-Ville (Haute-Saône) lors d'une violente dispute conjugale, avant d'incendier partiellement son corps.

Le quadragénaire bisontin a pu finalement être maîtrisé, sans que l'enfant ne soit blessé physiquement. L'homme sera déféré vendredi et le parquet va demander son placement en détention provisoire, selon le procureur de la République de Besançon. Que Jonathann Daval "puisse être brandi comme l'icône de ce qu'il faut faire quand on est un mari qui constate que son épouse veut (le) quitter (...), je trouve ça particulièrement choquant", s'est ému le procureur.

Six affaires de violences conjugales en quatre jours

Ce cas s'inscrit dans une série de six affaires de violences conjugales constatées dans le Doubs en l'espace de quatre jours, entre lundi et jeudi, dans "tous les milieux socio-professionnels", s'est alarmé Etienne Manteaux, du "jamais vu" depuis son arrivée au parquet de Besançon en septembre 2018.

Les six affaires ont déjà débouché sur deux placements en détention provisoire, deux placements sous contrôle judiciaire et une condamnation à 6 mois de prison avec sursis mise à l'épreuve lors d'une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC, "plaider-coupable"), a détaillé le magistrat.

En 2018, 121 femmes ont été tuées par leur compagnon ou ex-conjoint, selon la délégation aux victimes auprès du ministère de l'Intérieur. Le gouvernement lancera en septembre à Matignon un "Grenelle des violences conjugales" afin d'enrayer le phénomène des féminicides.

Clément Boutin avec AFP