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Dordogne: enquête sur les lettres d'amour d'une femme à un enfant

La justice va se pencher de nouveau sur l'affaire d'un petit garçon victime des lettres "inappropriées" d'une adulte.

La justice va se pencher de nouveau sur l'affaire d'un petit garçon victime des lettres "inappropriées" d'une adulte. - Jacques Demarthon - AFP

Les parents d'un enfant visé par des lettres d'amour d'une employée de son école ont porté plainte pour la deuxième fois, après que l'affaire a été classée.

Un simple rappel à la loi, c'est la sanction dont a écopé une employée communale de 30 ans en début d'année, après avoir envoyé une vingtaine de lettres d'amour à un enfant de 9 ans. Une décision de justice qui a poussé les parents, choqués, à porter plainte une seconde fois au début du mois d'octobre. Mercredi, leur avocate, Me Nathalie Landon, a annoncé qu'une enquête judiciaire venait d'être ouverte.

Des lettres dérangeantes

Retour sur les faits. A la fin de l'année 2013, les parents d'un petit garçon découvrent dans sa chambre un paquet de lettres cachées, signées d'une employée de la cantine de l'école de leur fils. Vingt-trois courriers sur du papier à lettres fantaisie, noircis d'une écriture enfantine, et remplies de mots d'amour. La relation épistolaire à sens unique dure depuis plusieurs mois.

Dans ses lettres, sur lesquelles elle dessine des petits coeurs, la jeune femme alors âgée de 28 ans se confie sur les difficultés traversées avec son mari. Et va plus loin. "'Elle lui écrivait des mots à l'eau de rose, mais complètement inappropriés pour un enfant de 9 ans", expliquait à BFMTV.com l'avocate de la famille, Me Nathalie Landon, en juillet dernier. "Elle lui disait par exemple 'Je rêve de vivre avec toi', ou 'Nous allons partir tous les deux'".

Il "commence à aller un peu mieux"

Immédiatement, les parents portent plainte. La procédure aboutit à un rappel à la loi du parquet à l'auteure des lettres, qui avait reconnu les faits. Une expertise psychologique alors diligentée conclut à l'absence chez elle de pathologie, mais recommande néanmoins "une injonction de soins dans le cadre d'un suivi judiciaire". L'enquête est close.

Insuffisant pour les parents. "Ils trouvent les faits très graves et leur enfant a été perturbé", confie l'avocate. Le garçonnet, bientôt âgé de 11 ans et tétanisé au moment de la révélation des faits, avait juste "laissé entendre que le comportement de cette femme l'embêtait" et racontait "comment elle cherchait à être systématiquement près de lui à l'école, pendant la cantine, la cour de récré", rapporte l'avocate à BFMTV.com.

Depuis, il est suivi par un pédopsychiatre et "commence à aller un peu mieux", même si "il culpabilise encore beaucoup" confie son père à Sud-Ouest. Me Landon, elle, s'interroge. "Je pose une simple question: si cela avait été un homme, écrivant de telles lettres à un enfant de 9 ans, croyez-vous que la réponse de la justice aurait été la même?"