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Disparues de Perpignan: Benitez a appelé sa maîtresse avant son suicide

Francisco Benitez a longuement téléphoné avec sa maîtresse espagnole avant de se suicider.

Francisco Benitez a longuement téléphoné avec sa maîtresse espagnole avant de se suicider. - -

Francisco Benitez avait une maîtresse en Espagne, qu’il a joint par téléphone la nuit précédant son suicide. Il lui a assuré de son innocence dans la disparition de sa femme et de sa fille.

Les policiers français chargés d'enquêter sur la disparition d'Allison et Marie-Josée Benitez viennent d'entendre une femme qui était la maîtresse espagnole de Francisco Benitez et à laquelle il aurait passé son dernier coup de fil avant de se suicider, a-t-on appris ce vendredi de source proche des investigations.
Les policiers, qui identifient un à un les appels téléphoniques de Francisco Benitez, témoin numéro un dans la double disparition de sa fille et sa femme avant son suicide, ont établi que sa dernière communication avait été avec une jeune femme de la province de Gérone (nord-est de l'Espagne), de l'autre côté des Pyrénées, à un peu plus d'une heure de Perpignan. Une autre source a confirmé que Francisco Benitez avait une maîtresse.
Selon une information publiée sur le site du Figaro, le légionnaire, lui-même d'origine espagnole, a longuement téléphoné avec la jeune espagnole vers 4h du matin le 5 août avant de se donner la mort dans la nuit de dimanche à lundi.
La jeune femme a été entendue jeudi par les enquêteurs, a indiqué une source proche des investigations. Francisco Benitez lui aurait exprimé sa grande souffrance devant la suspicion à son encontre et lui aurait assuré qu'il n'avait rien à voir avec les disparitions de sa femme et de sa fille.

Les deux dossiers ne sont pas encore joints

Un peu plus tôt dans la journée de vendredi, les enquêteurs annonçaient que la piste criminelle était privilégiée dans cette affaire, mais aussi dans celle de la disparition d’une précédente maîtresse de Francisco Benitez, Simone de Oliveira Alves, en 2004 à Nîmes. Les deux dossiers ne sont pas joints pour l'instant, mais ils seront rapprochés si nécessaires, a-t-on précisé. Le SRPJ de Montpellier, qui va réentendre les témoins de la disparition de Nîmes, est toutefois saisi des deux affaires. Par ailleurs, l'appartement de la famille Benitez a été cambriolé jeudi soir alors qu'une perquisition avait eu lieu la veille. « Mais il ne restait plus rien de probant dans l'appartement pour aider l'enquête », a expliqué une source policière.
L'affaire a été relancée par la découverte que le légionnaire, qui s'est pendu lundi après avoir clamé son innocence dans la disparition de son épouse et sa fille, avait déjà été entendu en 2004 pour celle d'une compagne.
Une information judiciaire avait alors été ouverte pour recherche des causes de la disparition de Simone de Oliveira Alves en 2004, avant d'être arrêtée trois ans plus tard. Comme lors de la disparition, en juillet, de sa femme Marie-Josée et de sa fille Allison, Francisco Benitez était la dernière personne à avoir vu cette Brésilienne, mère de trois enfants, qui, selon le témoignage d'une de ses sœurs, ignorait qu'il était marié et père de famille. Le légionnaire était alors en poste sur le plateau d'Albion, à environ deux heures de route de Nîmes.
Interrogé par les policiers, il avait expliqué que la disparue et lui s'étaient disputés, qu'elle avait pris ses affaires et qu'elle lui avait envoyé un texto pour lui signifier qu'elle ne reviendrait pas.

Le portable d'Allison retrouvé au domicile familial

Or, à Perpignan, le dernier signe de vie donné par Marie-Josée et Allison est un texto envoyé du portable de la première à l'une de ses filles née d'une précédente union et annonçant un départ pour Toulouse. Le procureur adjoint de Perpignan, Luc-André Lenormand, avait toutefois indiqué dès mercredi que si ce message a bien été expédié du portable de la mère, rien ne dit que c'est elle qui l'a écrit. Le portable lui-même a disparu.
Autre fait étrange, sa fille Allison a laissé son portable au domicile familial où il a été retrouvé par les enquêteurs, indique une autre source policière. « Or, la jeune fille l'aurait emporté si elle avait décidé de suivre sa mère dans le cadre d'une disparition volontaire », ajoute-t-on. Un ami d'Allison a dit aux enquêteurs avoir composé son numéro le 30 juillet et être tombé sur Francisco Benitez qui lui aurait dit que sa fille n'était pas là.
Pour l'heure, les enquêteurs de Perpignan avancent peu et attendent les analyses des éléments prélevés lors des perquisitions au domicile familial. Il s'agit essentiellement d'un ordinateur, de déchets ménagers et de traces d'ADN. Des bandes vidéos de films familiaux saisis font également l'objet d'une analyse poussée, explique la première source policière.

« C'est le même, c'est la même affaire »

L'analyse des communications téléphoniques, véritable clé pour comprendre la chronologie des événements, n'a rien donné car le portable de Marie-Josée Benitez, l'épouse du légionnaire portée disparue avec sa fille Allison, n'a pu être localisé. « La géolocalisation par triangulation ne peut se faire que si le portable est allumé. Or, l'appareil est éteint depuis l'envoi du dernier message, signalant un départ supposé sur Toulouse », souligne la même source. Faute de neuf, la piste toulousaine n'est pas écartée mais les enquêteurs n'y croient guère.
L'ex-mari de Simone de Oliveira Alves, qui avait disparu après avoir confié ses enfants à des proches, a expliqué être le premier à avoir fait le rapprochement entre les deux affaires en voyant le visage du légionnaire après son suicide. « J'ai vu la photo. Je me suis dit : c'est le même, c'est la même affaire », a-t-il confié jeudi à Europe 1, expliquant n'avoir jamais cru que Simone ait pu partir en abandonnant ses enfants. La jeune sœur de Simone, Irina, a expliqué, également sur Europe 1, que la disparue, alors séparée de son mari, avait rencontré Francisco Benitez en 2000 et qu'il lui avait fait croire qu'il était célibataire et sans enfants.

La rédaction et avec Reuters