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Des militantes féministes perturbent l'avant-première du film de Roman Polanski à Paris 

Une trentaine de militantes féministes étaient présentes devant le cinéma Le Champo, dans le 5e arrondissement de Paris, pour manifester contre le nouveau film de Roman Polanski ce mardi soir. Selon des journalistes présents sur place, l'avant-première a été annulée.

"Polanski violeur, cinémas coupables, public complice". Une trentaine de militantes féministes scandaient avec vigueur ces quelques mots, ce mardi soir, devant le cinéma Le Champo (5e arrondissement), qui accueillait l'une des avants-premières du nouveau film de Roman Polanski, J'accuse.

"Une trentaine de jeunes femmes bloquent l’entrée du cinéma Le Champo et ça ne plaît pas du tout aux spectateurs venus voir le film de Polanski", décrit le journaliste de Télérama Romain Jeanticou sur Twitter.

Le journaliste indépendant Charles Baudry a également indiqué que des personnes qui manifestaient devant le Crous à Paris, plus tôt dans la soirée, contre la précarité étudiante, ont rejoint les militantes féministes devant Le Champo.

Le réalisateur n'était pas présent sur les lieux, puisqu'il se trouvait à l'UGC Normandie, qui projetait également le long-métrage. L'acteur Louis Garrel, qui joue dans le film aux côtés de Jean Dujardin et Emmanuelle Seigner, devait participer à un débat au Champo après la séance, selon le site internet du cinéma. La projection a finalement été annulée à la suite de la manifestation, selon plusieurs journalistes présents sur place.

A la principale avant-première, aux Champs-Elysées, beaucoup d'invités ont dit "dissocier l'homme du réalisateur". "Je viens voir le travail de l'homme, du réalisateur; je ne sais pas si ce dont on l'accuse est vrai ou pas vrai", a affirmé à l'AFP Seny Carette, estimant que les acteurs du film "n'ont rien fait pour qu'on pénalise leur travail".

Une autre invitée, Sophie Lemarrec, a souligné qu'elle allait "regarder le film en partie par rapport (aux accusations), avec du recul". 

Cette avant-première se tenait en présence d'acteurs comme Vincent Perez, Michaël Youn et Pierre Richard, des journalistes comme Anne Sinclair ou Guillaume Durand et des personnalités comme Jean Veil, fils de Simone Veil. Roman Polanski, récemment accusé une nouvelle fois de viol, n'est pas resté pour la projection de son film.

Clément Boutin avec AFP