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Des hommes représentés par des animaux? La campagne contre le harcèlement dans les transports critiquée

Une campagne contre le harcèlement est lancée dans les transports franciliens

Une campagne contre le harcèlement est lancée dans les transports franciliens - IDF Mobilités

La nouvelle campagne contre le harcèlement sexuel dans les transports en Île-de-France, dans laquelle les auteurs d'agression sont représentés par des animaux, fait débat sur les réseaux sociaux.

Les "frotteurs" du métro peuvent-ils être représentés par des requins, loups ou ours? La nouvelle campagne contre le harcèlement sexuel dans les transports en Île-de-France, saluée par la secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa, ne fait pas l'unanimité.

Lancée le 5 mars par la région Île-de-France, la RATP, la SNCF, cette campagne entend promouvoir les numéros d'urgence pour donner l'alerte en cas de harcèlement. 

Les affiches qui vont être déployées sur dans les gares et stations de la région représentent des femmes s'accrochant à une barre de transport en commun avec dans leur dos un prédateur, qui est tantôt un ours, un requin ou un loup. Mais sur Twitter, plusieurs internautes s'étonnent de ces illustrations et critiquent la volonté des communicants de remplacer les hommes par des animaux. 

"Le choix d'illustrer les agresseurs en animaux hostiles me pose question", souligne sur Twitter Valerio Motta, ancien conseiller au secrétariat d'Etat chargé des Droits des femmes sous François Hollande.

"Je crains que le choix de représenter l'agresseur comme un animal sauvage n'aide pas: non pas qu'il faille les idéaliser ou les ménager, mais parce qu'il faut révéler que c'est M. Tout le Monde (...) Si un agresseur = un loup hurlant ou un ours, cela ne va pas pousser beaucoup d'hommes à se remettre en cause", poursuit-il.

"Oui. Ce sont bien des personnes, des hommes, qui harcèlent, agressent, insultent. Ne pas arriver à le dire, l’euphémiser en montrant des animaux, c’est déjà du déni", estime pour sa part la journaliste Louise Tourret.

"Moi c’est pas un ours qui m’a suivie du métro jusque chez moi quand j’avais 14 ans, ni ceux qui se sont collés à moi, pas un loup qui m’a agressée à la sortie du RER, c’était des mecs qui avaient l’air parfaitement inoffensif...", écrit-elle dans un second tweet. 

"Le problème de la métaphore animalière pour représenter le harcèlement, c'est qu'aucun homme ne va se reconnaître", souligne encore la militante féministe Sophie Gourion, rappelant que la RATP avait déjà utilisé des animaux dans une campagne contre le harcèlement en 2011. 

À Toulouse, Tisséo-Voyageurs avait également fait ce même parallèle pour dénoncer les agressions. 

Une Youtubeuse a alors proposé une campagne alternative, mettant en scène des agresseurs cette fois bien humains. 

Ne pas stigmatiser une partie de la population

Auprès de franceinfo, la région Île-de-France défend son choix, assurant qu'il n'y a pas "d'image-type du harceleur", et que "c'est très difficile à représenter car la réalité est complexe". "Si on avait choisi des hommes, on aurait stigmatisé la moitié de la population. Or, on a besoin d'eux pour donner l'alerte. Cette campagne, elle s'adresse avant tout aux victimes et aux témoins."

M.P