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Des footballeuses dégomment le sexisme et l’indifférence

L'association les "Dégommeuses" militent contre le sexisme et les discriminations dans le monde du sport.

L'association les "Dégommeuses" militent contre le sexisme et les discriminations dans le monde du sport. - -

L’équipe féminine de football amateur, "les Dégommeuses", a publié lundi 13 mai, un communiqué sur le blog de l’association du même nom. Elles dénoncent l’indifférence qui a entouré une agression sexiste dont elles ont été victimes lundi 6 mai.

Les Dégommeuses comptent bien ne pas se laisser faire. L’équipe féminine de football parisienne, a publié un communiqué lundi 13 mai où elle dénonce l’agression sexiste dont ses membres ont été victimes lors de leur entraînement hebdomadaire le 6 mai dernier.

"Nous nous entraînions dans un stade du 20ème arrondissement de Paris quand un groupe de jeunes a commencé à nous lancer des insultes sexistes", raconte à BFMTV.com Veronica Noseda, joueuse de l’équipe. "Ils se tenaient sur le toit d’un immeuble qui jouxte le terrain."

Les assaillants vont jusqu'à lancer des bouteilles d’eau sur le groupe de femmes. Les joueuses tentent de discuter avec eux mais rien n’y fait. La scène dure une bonne vingtaine de minutes avant que les perturbateurs finissent par s’en aller.

"Le comportement de ces jeunes est regrettable, mais ce qui est tout aussi regrettable c’est que des joueurs, moins jeunes, jouaient au foot juste à côté. Et ils n’ont rien fait, déplore Veronica Noseda."

Une agression sexiste ne mérite pas l'arrêt d'un match

Les joueurs n’ont pas bronché, ni pendant les faits, ni devant les policiers quand ceux-ci sont arrivés après l’appel des joueuses.

"Ils ont dit qu’ils n’avaient rien vu. C’est symptomatique de la manière dont les femmes sont considérées sur un terrain de foot", s’insurge Veronica Noseda. "On est invisible. Eux ce sont les rois du terrain et ils ne nous considèrent pas comme une équipe à part entière."

L’arbitre du match voisin aurait déclaré aux policiers avoir vu ce qui se passait. Mais il n'a pas arrêté le match pour autant. Une attitude condamnée par la municipalité de l’arrondissement.

"Ils auraient dû arrêter le match et intervenir", considère Thierry Blandin, adjoint au sport à la mairie du 20ème arrondissement de Paris, joint par BFMTV.com. "Je connais le terrain en question et il n’est pas possible qu’ils n’aient rien entendu. C’est vraiment grave."

L’adjoint au maire prévoit d’envoyer un courrier à la Fédération française de football pour que l’équipe et l’arbitre en question soient sanctionnés.

Éduquer pour contrer le "sexisme ordinaire"

Ce n’est pas la première fois que les joueuses de football essuient des tacles sexistes. Que ce soit une complète indifférence à leur jeu ou des remarques lancées à leur passage, ce qu’elles ont subi récemment est l’épisode le plus violent auquel elles ont dû faire face. Les Dégommeuses ont décidé de porter plainte.

"On aime le foot, on croit au foot comme un facteur de mixité mais c’est un sport qui reste dominé par un esprit très machiste", regrette Veronica Noseda. "Des mesures éducatives seraient nécessaires pour faire évoluer les mentalités, chez les jeunes, comme chez les autres."

Thierry Blandin compte bien soutenir l’équipe, et l’association sportive du même nom, dans leur lutte contre le sexisme et les discriminations dans le domaine sportif.

"Une enquête est déjà en cours pour trouver les responsables. Malheureusement, ce sont des incidents assez courants. C’est un triste exemple de sexisme ordinaire. Un travail éducatif de longue haleine est nécessaire pour faire évoluer les mentalités."

Alizée Golfier